Affaire Gürtel: Camps démissionne de la présidence de la Communauté de Valence

Catégorie:

Le président (Parti Populaire) de la Communauté Autonome de Valence, Francisco Camps, soupçonné de corruption dans une affaire d'une incroyable ampleur - l'affaire Gürtel -, doit être jugé cet automne dans la 'sous-affaire' dite des costumes. Plutôt que de plaider coupable, comme le lui demandait son parti, il a préféré abandonner hier sa responsabilité élective.

Deux ans. Deux ans que Mariano Rajoy, président du Parti Populaire, espère que l'épine qu'il a dans le pied tombera d'elle-même. Deux ans qu'il attendait, sans oser prendre position contre lui, sans rien oser lui imposer ou lui interdire, que Camps jette l'éponge. Il l'a laissé se représenter aux élections autonomiques de mai dernier - et être réélu président de la communauté autonome. Pour éviter les vagues.

A Génova - du nom de la rue où se situe le siège du Parti Populaire - on cherchait à éviter à tout prix le procès de cet automne, en pleine campagne électorale nationale, et alors que le PP a plus de 10 points d'avance en intention de votes sur le PSOE. Pas question de risquer de perdre des voix dans un grand déballage qui affecterait le parti bien au-delà des limites régionales.

Sous l'amicale pression de leurs amis politiques, les trois autres grands suspects - Victor Campos, vice-président de la Communauté de Valence, Rafael Betoret, ex-chef de cabinet, et Ricardo Costa, ex-secrétaire général du PP régional et ex-porte-parole du groupe populaire au parlement régional - ont accepté de plaider coupable. Cette procédure permet un arrangement entre juge et parties et évite le procès. En échange de ce sacrifice, le Parti Populaire a assuré les trois hommes de son soutien à l'avenir. Ricardo Costa en particulier risque la prison s'il est convaincu de financement illégal de parti et non seulement de corruption; il a fallu lui faire de grosses promesses, notamment celle d'un reclassement politique. Mais fine mouche, le bras droit de Francisco Camps a préféré attendre la décision du président.

Rajoy et son équipe ont bien cru que Camps finirait par plaider coupable également. Son avocat s'est même présenté au tribunal avec le document officiel: il n'y manquait plus que la signature de l'intéressé. Lequel, depuis que l'affaire est sortie, se considère innocent.

Et Francisco Camps a finalement refusé l'amère potion que lui réservait son parti. Il a préféré démissionner de la présidence de la Communauté autonome, redevenant député autonomique.

Deux qui plaident coupables et qui vont prendre, deux qui refusent un arrangement: il y aura procès cet automne. Et on ne va pas s'ennuyer.

En savoir plus
Tous les médias espagnols se déchaînent autour de cette affaire révélée par El País il y a deux ans, et qui alors n'intéressait personne...
Ce journal chronique la stratégie de Rajoy et les dernières heures de la présidence de Camps, et revient sur les autres versants de l'affaire Gürtel.
Reprendre la saga au début dans Hispanioo: Affaire Gürtel: ça mérite qu'on en parle
Le Tribunal Suprême veut entendre le trésorier du Parti Populaire (juillet 2009)
L'affaire Gürtel revient à la une (avril 2010)