Bolivie: la guerre du gaz domestique

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Huit ans après la 'guerre du gaz', les habitants pauvres de El Alto, la banlieue de la capitale La Paz, se mobilisent à nouveau pour obtenir le raccordement de leurs foyers au gaz de ville. En passant, ils aimeraient aussi avoir l'eau potable. Et l'électricité. Peut-être même des égouts. Ce que démontre cette nouvelle mobilisation, rapportée par BBC Mundo, c'est que leur situation ne s'est guère améliorée en huit ans.

En 2003, une mobilisation populaire avait paralysé le pays pendant des semaines, laissé près de 70 morts - victimes des répressions policières - et entraîné la fuite du président Gonzalo Sánchez de Lozada. Elle avait aussi mis sur le devant de la scène le leader d'un petit parti, un Indien aymara du nom d'Evo Morales. La redistribution des richesses et la souveraineté des ressources étaient les vraies questions de fond, le déclencheur, un projet d'exportation de gaz liquéfié aux Etats-Unis via un port chilien, pays qui a mis fin à l'accès bolivien à la mer.

En 2011, les habitants de El Alto, banlieue pauvre de La Paz, pour beaucoup d'entre eux partisans du président Morales, veulent rappeler que leur situation n'a pas connu d'évolution sensible. Anciens de la guerre du gaz, ils ont bloqué deux jours la principale route du pays et l'accès au dépôt de carburants de la capitale: La Paz s'est retrouvée sans essence ni de gaz de ville.

Un accord a été passé entre l'association des habitants (junta de vecinos) et le gouvernement, qui se doit de s'atteler à une tâche difficile: fournir enfin les services publics basiques à une ville largement autoconstruite de plus d'un million d'habitants pauvres.