Guatemala: un divorce pour rien

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La première dame du Guatemala a divorcé au printemps de son président d'époux, Alvaro Colom (rappel des faits). Non que la vie conjugale lui pèse, mais la Constitution interdit aux membres de la famille d'un président de briguer la succession de celui-ci. Or Sandra Torres ambitionnait d'être la candidate du parti UNE qu'elle a cofondé, lors de l'élection présidentielle du 11 septembre prochain. Le Tribunal Suprême Electoral ne l'entend pas de cette oreille.

Le 29 juin, le Registre des Citoyens - une institution qui contrôle entre autres l'Etat civil et la constitution des partis politiques - a rejeté la candidature de Sandra Torres, en s'appuyant sur l'article 186 de la Constitution relatif aux liens de parenté avec le chef de l'Etat, et sur l'article 4 de la Loi de l'Organisme Judiciaire, selon lequel Sandra Torres aurait commis une 'fraude à la loi' en divorçant indûment pour se présenter à l'élection présidentielle.

La coalition de la candidate potentielle, UNE-GANA (Unité Nationale de l'Espérance - Grande Alliance Nationale, mais aussi, en français: unis- gagne) a introduit auprès du Tribunal Suprême Electoral un recours en nullité. L'instance électorale l'a examiné aujourd'hui et l'a rejeté. Sandra Torres a dénoncé les motifs politiques qui lui semblent sous-tendre cette décision, a appelé ses partisans au calme et s'est engagée à défendre sa candidature. Elle peut encore présenter trois recours, et valider sa candidature après la clôture des inscriptions, le 12 juillet.

D'ici là, elle continuera donc sa campagne: les sondages la créditent d'une quinzaine de points, en deuxième position mais toujours loin derrière le candidat du Parti Patriote, le général en retraite Otto Pérez Molina.

08/07. Sandra Torres marque son premier point. Après le rejet de ses trois recours devant le Tribunal Suprême Electoral, le Pouvoir Judiciaire a ordonné l'inscription de la candidature de l'ex-première dame. Pour cette instance, le TSE a violé les droits politiques de Sandra Torres. Mais cette décision est susceptible d'appel devant la Cour Constitutionnelle, et la partie n'est donc pas finie.