En visite au Musée Botero

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A priori, je n'aime pas trop les oeuvres de Botero. Souvenir pas transcendant des tableaux étudiés en cours d'espagnol au lycée. Du coup, j'aurai attendu près de 15 semaines avant d'y faire un tour, alors qu'il est à un pâté de maison de chez moi. Et en fait, après le Musée de l'Or, c'est probablement le plus incontournable de ce qu'on peut voir à Bogota.

D'abord, parce qu'il n'y a pas que du Botero dedans, mais aussi toutes les oeuvres d'art qu'il a accumulées au cours de sa vie et dont il a préféré faire don à Bogota plutôt que de laisser son fils en hériter, m'a-t-on dit. Tant mieux pour le public, qui peut admirer gratuitement plus de 200 oeuvres.

A l'entrée, deux possibiltés: partir par l'aile droite (les oeuvres de Botero) ou à gauche ('artistes internationaux'); 7 salles à gauche, 8 à droite, réparties entre le rez-de-chaussée et l'étage. A tout seigneur tout honneur: partons à droite.

Les deux premières salles exposent des huiles monumentales, dont la Monalisa de Botero (dans la première, qui s'appelle salle 6); la troisième, au fond, des aquarelles (monumentales aussi, mais personnellement, j'ai davantage apprécié; et puis ces oeuvres-là on ne les a pas vues en classe...). A l'étage, une salle de sculptures, une autre d'huiles, celle du fond des aquarelles (avec notamment un portrait de Cézanne et un de Courbet) et enfin des pastels. Ceux-là sont très, très impressionnants. Et assez drôles.

Si l'on part par la gauche, on a l'impression d'être à Orsay. Botero avait des goûts éclectiques mais une collection époustouflante: des toiles de Toulouse-Lautrec, Renoir, Bonnard, Manet, Vuillard, Corot, Sisley, Caillebotte, Pissarro... (je ne vous cite que ceux que je connais, hein). Dans la seconde salle, des artistes du XXème siècle: Picasso, Miró, Giacometti, Soutine, Léger, Braque, Chagall (on m'en avait promis plusieurs, il n'y en a qu'un, par contre), Van Dongen, entre autres.

dapres-lam-mn.jpgAu fond, (salle 3), encore des Picasso, deux Léger, une étude de Klimt, un dessin de Matisse, un Degas, deux Balthus et quelques Botero pour lesquels on devait manquer de place dans l'autre aile. A l'étage, des sculptures (dont un mobile de Calder), une salle d'avant-gardistes américains (dont Rauschenberg et Motherwell), un Totem de Wilfredo Lam qui m'a beaucoup plu... La salle du fond (n°9) expose les oeuvres les plus récentes de Botero, des huiles aux sujets colombiens (vie quotidienne et violence) et d'autres dessins.

Et précisément, un bon dessin valant mieux qu'un long discours, allez donc voir les oeuvres sur le site du Musée. Il est tellement bien fait qu'on se demande pourquoi aller au musée (si, pour voir les vraies couleurs du Totem de Wilfredo Lam). Ah oui, et aussi parce que pour une fois que dans un musée local ce sont des oeuvres originales qui sont exposées... il faut en profiter.