Le lait colombien: du bidon?

Ce n'est pas la mélanine chinoise mais tout de même: plus de 50 entreprises commercialisent du 'lait' reconstitué à base de lactosérum réhydraté. Une réglementation insuffisamment précise est à la base de cette habile et lucrative manipulation.

De fait, pour un Européen, s'y retrouver au rayon laitier est déjà un exploit. Des rangées de poches plastiques s'offrent à sa vue et à son choix, et en prime elles se ressemblent toutes (voyez plutôt: en haut du lait, enfin j'espère, en bas de la crème). Jusque récemment, j'avais fait beurk et j'étais passé aux yaourths (bizarres aussi mais on s'habitue).

Et puis j'ai reçu de la visite, dont un grand machin qui boit son bol de chocolat au petit déjeuner. Opération dépanneuse: l'épicerie d'à côté, deux sachets de préparation chocolatée et un litre 90 cl (c'est plus rigolo) de lait. Voire.

creme-lait.JPGCar si la loi colombienne impose d'indiquer la composition d'un produit, les entreprises choisissent la façon dont elles le font: sur une 'ration quotidienne' par exemple, sur mon échantillon témoin. Mal de crâne en perspective pour qui se lancerait dans une étude comparative au rayon lait.

Il y a des 'sans-scrupules', explique le président d'Alquería (Audiard aurait dit: des malfaisants) qui achètent du petit-lait national, d'autres qui l'importent d'Argentine et d'Europe, et d'autres qui le trafiquent comme de la vulgaire coca.

Et les mélanges qui en sont issus portent parfois même l'appellation 'lait': on ne les démasque qu'à la lecture de la composition, à supposer qu'on s'y retrouve.

Outre la concurrence déloyale, le problème de ce faux-lait est qu'il contient moins de graisse et de protéines que le vrai et favorise l'augmentation du sucre dans l'organisme. Donné aux enfants, il favorise l'obésité et la dénutrition, explique El Tiempo. Sans compter tous ces pauvres cochons qui en sont privés.