Uruguay, les rois du pétrole

Catégorie:

L'Uruguay est tout fou (presque autant que l'an dernier quand leur équipe de foot est arrivée en demi-finale du Mondial): pour la première fois dans l'histoire du pays, il y a 10 jours, on a trouvé du pétrole. Et aujourd'hui, un oléduc qui lâche: 100.000 litres déversés dans la nature.

Depuis le début du XXè siècle, l'Uruguay multiplie les explorations dans le but de trouver du pétrole, et jusque là, chou blanc. C'est pourquoi l'annonce, la semaine dernière, de la découverte de pétrole très pur (goûte c'est de l'uruguayen) dans un département du centre du pays a mis en joie l'économie. 60% de l'énergie utilisée en Uruguay provient du pétrole.

C'est l'entreprise nationale de carburants ANCAP qui l'a annoncé: l'entreprise états-unienne Chesapeak Energy, sollicitée par le gouvernement uruguayen en 2009, a trouvé du chouette pétrole du Dévonien (-400 millions d'années) à 180 mètres de profondeur, et il devrait y en avoir davantage en creusant plus profond.

Les européennes YPF et Shell ont déjà manifesté leur intérêt pour l'exploitation.

Et aujourd'hui, la même ANCAP nous apprend que la pollution au pétrole dans la zone balnéaire de Maldonado, à 85km de la capitale Montevideo, est contrôlée. Due à la rupture d'un oléoduc, elle serait de l'ordre de 100.000 litres mais aucun risque pour la rivière à côté (qui va un peu se jeter dans le Rio de la Plata, inutile de s'attirer les foudres des Argentins), parce que les Uruguayens sont trop forts: ils ont creusé des puits dans le sable pour éviter que le pétrole n'atteigne l'eau.

Non, vous ne rêvez pas: tout le monde a dû revoir le film Apollo 13 récemment (la séquence sur comment adapter un filtre rond sur un embout carré), et est persuadé qu'on bouche une fissure dans une piscine nucléaire avec du papier journal et de la sciure, et qu'en creusant un trou dans le sable on y bloque le pétrole. Comme dit Renan Luce, les gens sont fous, z'ont l'entonnoir sur le crâne.

Du coup la rivière n'a rien: 'on n'y voit pas plus de pétrole que de radioactivité à Fukushima sur un compteur Geiger éteint', a déclaré l'entreprise... euh non pas du tout: 'on n'y voit que quelques taches graisseuses mais trop éparses pour être pompées.' Ah bah oui, et puis ne rien faire ça revient moins cher aussi.

Aujourd'hui, l'entreprise a donc déjà pompé le pétrole de la moitié des puits qui ont ensuite été recouverts de sable propre. Demain, on n'y verra plus rien. Après-demain, ils proposent leur expertise aux Japonais.