Quand le Cerro Rico de Potosi s'effondrera...

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La 'montagne riche' en argent - mais aussi en étain, en zinc et en cuivre - de Bolivie est exploitée depuis 1545. En 5 siècles, elle s'est transformée en gruyère qui s'effondrera un jour ou l'autre. Avec les mineurs dedans, bien sûr.

En janvier dernier, rapporte BBC Mundo, le cône a perdu sa forme: un cratère de 350 mètres de large et de 20 mètres de profondeur est apparu à son sommet. Pour les géologues, c'est un signe de la fragilité de la montagne et l'annonce d'effondrements plus importants.

Mais voilà, 15.000 personnes travaillent dans ces mines, et la moitié des 200.000 habitants de Potosi vit indirectement de son exploitation. Pas de solution de repli, pas d'anticipation ni de développement d'autres emplois. La deuxième pays le plus pauvre d'Amérique, après Haïti, n'a pas d'alternative: une commission a donc été créée. Ca fait toujours du boulot à ceux-là.

Les mineurs disent ne pas voir de danger, s'affirment sûrs que le Cerro ne va pas s'écrouler sur lui-même. Ce qui prouve l'intérêt d'un minimum d'éducation: à part les Shadocks, personne n'oserait dire qu'une montagne pleine de vide va continuer à se porter comme un charme (euh, si, probablement les dirigeants de Tepco et quelques gouvernements). Mais qui se refuserait à aller travailler en sachant qu'il ne pourra pas nourrir sa famille?

Quant au Défenseur du Peuple, il s'inquiète de la perte de la forme de la montagne. Mauvais pour le tourisme? Il suffira pourtant de faire comme dans Astérix et Cléopâtre une fois qu'Obélix a fait tomber le nez du sphinx: on adaptera les souvenirs.