Vers une modification constitutionnelle au Panama?

Catégorie:

Le président Ricardo Martinelli souhaite apporter des modifications au texte constitutionnel. Entre autres points, deux aspects de l'élection présidentielle seraient réformés: un second tour pourrait être introduit, et le délai minimum avant de pouvoir se présenter à l'issue d'un mandat, raccourci. Souhaitons-lui plus de chance qu'à son ex-homologue hondurénien Mel Zelaya.

Encore un pays latinoaméricain qui envisage de modifier sa constitution sur la question de l'élection présidentielle.

Bon, jusque là pas de bruit de bottes. Et pourtant! L'actuelle constitution, qui date de 1972, prévoit un délai de 2 mandats (soit 10 ans) avant qu'un ancien président puisse se représenter. Ça fait long, c'est sûr. Martinelli souhaite ramener cette période à 5 ans. Il envisage également d'instituer un second tour (les élections en Amérique Latine, c'est souvent à l'économie, mais c'est bien sympatique ce côté cheap).

En outre, nous apprend El Universal, le président panaméen voudrait inscrire dans la Constitution une allocation mensuelle de 100 dollars aux plus de 70 ans sans ressources, et une 'bourse universelle' de 30 dollars aux élèves des écoles publiques, probablement pour favoriser une scolarisation plus longue. Ce qui devrait motiver la population. Et puis une petite autorisation d'extrader (on se demande vraiment bien vers quel pays, l'Italie, peut-être?) des ressortissants nationaux liées au narcotrafic (tiens), au terrorisme (tiens tiens) ou à des assassinats (oh).

Pour mener à bien ces réformes constitutionnelles, deux moyens: le référendum, ou un double passage devant l'Assemblée parlementaire (avec une dissolution et une élection entre les deux, comme en Espagne). La dernière modification, en 2004, avait emprunté le second chemin. De ce que je comprends, Martinelli pencherait davantage pour le premier.

Rien à voir, mais concomitamment, l'opposition a demandé à l'Assemblée Nationale l'ouverture d'une enquête sur le président, qui aurait sollicité aux Etats-Unis des écoutes illégales, information révélée par des câbles Wikileaks.

Vous savez quoi? J'adore ce continent.