Nouveau coup de chaud sur le Paraguay

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L'opposition et les ex-alliés circonstanciels du président Fernando Lugo continuent à chercher comment prendre le pouvoir. Il était à prévoir que le cancer de Lugo leur donnerait des idées. De fait, ils ont peut-être trouvé un biais politique.

Selon les bulletins de santé officiels, Fernando Lugo, 59 ans, se porte comme un charme, se rit de son lymphome et supporte vaillamment les sessions de chimiothérapie qu'il subit au Brésil (le système de santé paraguayen laisse un peu à désirer pour ce genre de cas compliqués où on ne meurt pas tout de suite mais on ne guérit pas tout seul non plus).

franco-PA.jpgMoyennant quoi, début octobre, suite à une réaction allergique, il a quand même dû passer la main quelques jours à son vice-président, Federico Franco (celui de la photo qui n'a pas de barbe). Celui-ci, issu d'une alliance de circonstance - il n'y a qu'un seul tour à l'élection présidentielle, il faut donc passer les alliances tout de suite - se révèle être une incarnation moins enturbannée mais aussi excitée qu'Iznogoud qui se voyait calife à la place du calife. A l'instar d'Iznogoud, il multiplie les tentatives pour s'emparer du fauteuil de président. Et il s'y est trouvé à titre temporaire du 2 au 6 octobre, pendant l'hospitalisation de Lugo: président par interim, donc, et de ce fait commandant suprême des Forces Armées.

Mais les 4 et 5 octobre, des changements conséquents ont eu lieu dans les Etats-Majors: plus de 60 changements d'affectation ou mises à la retraite. Et pas du fait de Federico Franco, qui trépigne (je me demande bien combien il mesure, tiens) en répétant que le président Lugo a violé la Constitution; la suite on la connaît, on a déjà vu au Honduras.

L'analyse qu'en fait ABC Color, le principal journal du pays, est qu'étant donné le mauvais état de santé du président (ah? il n'était pas en rémission totale?), son entourage aurait placé des hommes sûrs aux postes-clés, au cas où il serait venu à Franco l'idée de ne pas rendre les clés du palais.

Mais Franco a fait adopter par les députés un texte de rejet des modifications dans l'Etat-Major. Histoire sans doute de montrer au président que celui-ci n'a pas la majorité, et de continuer à agiter le spectre d'un procès politique pour mauvaise gestion dans le cadre de ses fonctions, un truc extra que les Paraguayens ont mis dans leur Constitution, eux.

Ah, rien à voir bien sûr, mais nous sommes à deux semaines des élections municipales, les premières élections depuis l'accession de Lugo au pouvoir.