Chili: plus jamais ça

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Maintenant que le moooooonde entier a pu suivre en direct la sortie des 33 mineurs, comme par hasard juste avant la tournée européenne du président Piñera, on va peut-être pouvoir revenir à des choses sérieuses.

Non que la vie des 33 personnes soit nulle et non avenue mais là, du mineur chilien, on en a bouffé pour 50 ans. Et ça n'est pas encore terminé: quand on tient un bon sujet, on en abuse. C'est simple: pendant 3 jours, sur BBC Mundo, l'Amérique Latine se réduisait à la mine de Copiapó. Mais alors, sous tous ses angles. Au passage, ce serait dommage de la fermer, cette mine, je suis sûre qu'il y a un marché à la transformer en site touristique, avec séjour au fond dans les conditions du vécu.

Bien, donc entre deux embrassades de mineurs, le président a décrété qu'on allait en finir avec les abus dans le secteur minier privé. On ne rigole pas dans les rangs. J'ai entendu le mauvais esprit qui soufflait qu'avec + 10 points dans les sondages d'opinion, le sauvetage était une bonne opération pour Piñera. Ça ne marche qu'une fois.

Donc, ça n'arrivera plus. D'ailleurs, on va créer une Commission pour que ça n'arrive plus: elle vérifiera les conditions d'hygiène et de sécurité. Ah, ça n'existait donc pas avant? Euh, si. Mais on l'a dissoute parce qu'elle n'avait pas su empêcher l'accident de la mine San José. Il faut dire que le nombre d'inspecteurs était très limité, mais bon. Bref, on (re)crée un truc mais cette fois, promis-juré-craché, ça va marcher.

Ça va même tellement bien marcher que (trémolos dans la voix) on va faire pareil pour d'autres secteurs: le bâtiment, la pêche, tout ça. Je me demande combien de temps vont tarder les entreprises à dire que certes, mais enfin ça coûte des sous et c'est mauvais pour la compétitivité. Et puis un travailleur, ça se remplace. En tout cas, une bonne semaine puisque le président a dû s'envoler pour l'Europe en tournée qu'on imagine déjà triomphale.

Comme toujours il y a les mauvais coucheurs et autres rabat-joie, souvent syndicalistes, d'ailleurs, dans ce genre d'affaires. Et, rapporte América Económica - journal qui a eu la bonne idée de continuer à s'intéresser à des broutilles, comme des questions économiques, pendant les 69 jours de l'aventure minière - l'un d'eux, un certain Javier Castillo de son état, a fait remarquer que le Chili pourrait commencer par ratifier la Convention de l'Organisation Internationale du Travail sur la sécurité dans les mines.

Tsss. Quelle faute de goût. Tout le monde était tellement content.