Pérou: hypothéquer l'avenir grâce à la Banque Mondiale

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Le Pérou cherche à diversifier une économie traditionnellement basée sur l'exportation minière. Il est depuis peu le plus grand exportateur mondial de cultures 'gourmet', comme les asperges ou les artichauts. L'activité économique se développe rapidement. Pour mieux disparaître?

ica.jpgA 300 km au sud de Lima, la région désertique d'Ica, dans la plaine côtière, est le centre d'un projet de développement d'activités agricoles d'exportation. Grâce aux millions de dollars prêtés par la Banque Mondiale, et aux investissements étrangers. Grâce aussi à l'irrigation...

Or l'eau douce est rare et précieuse. Sur la côte Pacifique, elle provient des glaciers dont, rappelle América Económica, l'emprise recule pour cause de réchauffement climatique (et parfois aussi pour cause de dynamitage inhérent à l'exploitation minière, mais ça on ne le dit pas).

En outre, dans une région aussi proche de l'océan, un pompage excessif de la nappe phréatique pourrait entraîner une remontée d'eau saumâtre qui finirait de noyer les espoirs d'une agriculture, non pas durable, mais qui puisse durer (vous saisissez bien la nuance, j'espère?). Processus naturel et hélas assez courant, dont un exemple paradigmatique est celui de la province d'Almeria en Espagne, en cours de désertification irréversible.

Ça serait mal si l'argent que nous prêtons servait à tuer dans l'oeuf l'activité économique que nous tentons de promouvoir, s'est dit la Banque Mondiale, qui a dépêché sur place un inspecteur suite à des plaintes.

Lequel inspecteur a juste eu le temps d'apercevoir des puits clandestins avant de se faire tirer dessus.

Au suivant.

BBC Mundo publie le 16/10/10 un article sur le sujet: Perú: el dilema del agua y los espárragos.