Mauvaise mine

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Titre inspiré d'une très bonne chanson (laquelle est à prendre au 2ème degré) de Michel Rivard et totalement appropriée pour vous donner des nouvelles des mineurs de San José. Je ne comprends d'ailleurs pas qu'on en l'ait pas encore invité à leur rendre visite.

Thème d'intérêt national au Chili, le sort des mineurs serait-il, comment dire... légèrement manipulé? Allons donc. Pensez, ils sont bien équipés, maintenant: lits pliables, télé, jeux vidéos, tout le confort; et puis tout le monde les aime et vient à la surface: les survivants du crash des Andes en 72 (vous savez, les rugbymen?), un duo comique local, des groupes de chants et danses traditionnels, la NASA et même des supporters de l'équipe de foot massivement supportés aussi par les enterrés. Bon, bien sûr, ils ne les voient pas; mais on leur dit que tout ce joli monde est par là. On pourrait leur dire qu'Elvis est réapparu en même temps... bon bref.

Eh bien, le croiriez-vous? Ils ne sont pas contents. Tsss, quel manque de reconnaissance. Il y en a même qui voudraient qu'on revienne aux fondamentaux: les sortir de là. Et vite. Des fois que ça prendrait à la mine de s'effondrer à nouveau, allez savoir.

C'est que samedi a eu lieu le premier contact en vidéoconférence, pas bien long, une minute, pas tous, certains n'ont pas voulu... et on s'est rendu compte qu'il règne comme une légère censure. Des psychologues reliraient les lettres des familles et en retiendraient la plupart: pas d'info susceptible de les déprimer, et ne pas prendre trop de place dans les 'pigeons' voyageurs. Pareil dans l'autre sens: certains mineurs auraient plusieurs familles et on veut éviter de les embêter avec les problèmes de celles-ci (pourquoi? elles ont fait connaissance sur place et se sont crêpé le chignon en surface?).

Et sinon ils continuent à réclamer de l'alcool, au moins le verre promis par le ministre pour la fête nationale d'indépendance le 18 septembre. Las, le psychologue-chef argumente qu'en 600 ans d'extraction minière il n'y a jamais eu d'alcool dans les mines et qu'il y a bien une raison à ça ('por algo será'). Sûrement, mais en 600 ans d'extraction minière on n'a pas dû avoir souvent le cas de gars qui restent tellement longtemps au fond, vivants et en contact avec la surface. Ils ont quand même battu le record mondial de survie, laborieusement arraché à des mineurs chinois. Vite, envoyons-leur le Guinness! Ça ne vaudra pas une bière mais ça fera bien dans les médias.