Mine de San José: un dernier pour la route

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Je parle d'un dernier billet, bien sûr, puisque désormais tous les médias du monde connaissent et retranscrivent les grandes lignes de l'information. Je vous livre donc quelques éléments pas forcément relayés par les médias francophones.

C'est encore ce que je me disais tout à l'heure en écoutant sur RFI un commentaire du journaliste dans le genre: 'tout le monde connaît bien maintenant l'histoire des 33 mineurs chiliens...' Bon si on la connaissait si bien que ça, on saurait qu'il y a un Bolivien dans l'équipe, mais bon.

Tout le monde sait que l'opération de sauvetage est lancée puisque la perforation a commencé ce lundi 30 août. L'opération s'appelle San Lorenzo, du nom du saint patron des mineurs, et effectivement il va falloir un second miracle. (Il y a aussi Sainte Rita, pour les cas désespérés, mais c'est moins bon pour le moral.)

Après le plan A, le plan B... et les 8 autres, il semble que la méthode la plus sûre soit celle qui a été lancée, mais qui prendra 3 à 4 mois pour remonter les mineurs à la surface. Officiellement, on les aura remontés pour Noël. Mais il est déjà question de dévier le Dakar, qui devait passer pas loin, si les mineurs sont toujours au fond (je n'ai pas bien compris pourquoi il devait être dévié, mais bon). Si j'ai bonne mémoire, le Dakar part le 1er janvier non?

Encore faut-il qu'ils tiennent jusque là. Tout le monde (encore, mais plus le monde hispanique) se réjouissait de l'humour dont faisaient preuve les naufragés du charbon qui demandaient à leur ministre de tutelle de leur envoyer de la bière. Une semaine plus tard, on a compris que ce n'était pas de l'humour... habitués à fumer, les hommes le sont aussi à boire. Les mineurs déprimés de la semaine dernière sont peut-être tout bêtement en manque.

De même que les 'pigeons' ont dû porter des chewing-gum à la nicotine aux rescapés, il va falloir prévoir des palliatifs à l'alcool.

Pendant ce temps, les 600 autres mineurs de San José, ceux qui ne sont pas restés coincés, s'inquiètent pour leur avenir. La compagnie est criblée de dettes; pour le moment ils travaillent à sortir leurs compagnons - en tablant sur un paiement des salaires par l'Etat, d'ailleurs - mais ensuite? La mine San José sera probablement fermée, et ils ne sont pas du tout sûrs de retrouver du travail dans une autre. Les salaires des mineurs sont élevés, près de trois fois le salaire minimum, et la concurrence est rude.

Pour leur part, les familles des 33 (ou des 32, pour le Bolivien je ne sais pas) se relaient dans le camp Espérance, dans ce qu'on appelle la Zone Zéro (Ground Zero en anglais...), mais les autorités aimeraient bien que tout ce petit monde reprenne une activité à peu près normale, histoire de désencombrer la zone, et puis parce qu'on en a encore pour trois bons mois, de cette histoire. Mais les familles ne l'entendent pas de cette oreille.

La suite dans vos médias habituels.