Les Pascuans menacent de quitter le Chili (avec leur île)

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Les 2.000 autochtones de l'Île de Pâques sont de plus en plus insatisfaits de la politique de Santiago du Chili à leur égard. Ils menacent à présent de quitter la souveraineté chilienne pour rejoindre la Polynésie.

ile-paques.pngLes Rapa Nui, population autochtone de l'Île de Pâques, d'origine polynésienne, ont peur de disparaître. Ils représentent à peine plus de la moitié des habitants de l'île désormais, les Chiliens 'continentaux' installés sur les 160 km2 de Rapa Nui atteignant également le nombre de deux mille personnes. L'industrie touristique de l'île - ses moais attirent 50.000 visiteurs par an - ne profite pas qu'aux 'locaux'.

Cette peur se manifeste de plusieurs façons: crainte de l'installation de nouveaux habitants, de la délinquance ainsi générée (!), de la perte d'identité et des traditions, de la pression démographique, de la dégradation environnementale de l'île. Mais également par le rejet des 'continentaux' qui bénéficieraient de conditions fiscales plus intéressantes. En 2009, les Rapa Nui ont à plusieurs reprises tenté d'imposer le contrôle de l'entrée sur l'île, notamment dans un objectif d'installation.

Le nouveau motif de discorde avec Santiago est la détention par l'Etat chilien, depuis les années 50, de terres ancestrales dont les Rapa Nui exigent la restitution. A défaut de quoi le confetti de terre, un des principaux lieux touristiques du pays, pourrait faire sécession et rejoindre la Polynésie, géographiquement plus proche, au demeurant: la côte chilienne est à 3.500 km.

Le gouverneur de l'île, nommé par le président Piñera, a démissionné ce lundi 9 août pour aider à la résolution du conflit. Mais les membres du collectif 'Parlement Rapa Nui' continuent pour le moment d'occuper des terrains et des bâtiments de l'Etat chilien sur leur île.

Carte: Wikimedia Commons

A voir: Un webdocumentaire sur le quotidien des Rapa Nui