Le Costa Rica élargit l'accord militaire avec les Etats-Unis

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Le Congrès costaricain a approuvé l'élargissement de l'accord de coopération de 1999 avec les Etats-Unis. Depuis le 1er juillet et jusqu'au 31 décembre 2010, 7.000 marines pourront se déployer sur le sol costaricain dans une mission de lutte contre le narcotrafic. Le Costa Rica n'a plus d'armée depuis 1948.

Le Costa Rica a beau avoir avec les Etats-Unis un accord de coopération dans la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé depuis 1999, l'élargissement de celui-ci fait des vagues dans le pays et en dehors.

D'abord parce que le nombre de marines qui pourront être présents sur le territoire costaricain n'a jamais été aussi grand: 7.000, répartis dans 46 bateaux de guerre - essentiellement des frégates -, 200 hélicoptères, 10 avions, et un porte-avion d'une capacité de 1.500 hommes.

Ensuite parce que c'est la Marine étasunienne et non plus le corps des gardes-côtes qui va contrôler les opérations. La présidente, Laura Chinchilla, a dû dire et répéter - notamment sur sa page Facebook - qu'en aucun cas une militarisation du pays n'était en cours (au passage, heureusement qu'il y a Facebook et Twitter pour communiquer en politique. J'adore ce pays).

Qu'importe. On retient aussi que le Costa Rica a dû accepter - comme tout pays qui reçoit des troupes US - un certain nombre de conditions quant à la présence de celle-ci: pour les marines, liberté de mouvement et droit de réaliser toute activité qu'ils considéreront nécessaires dans le cadre de leur mission. Ce qui laisse la porte ouverte à un peu tout et beaucoup de n'importe quoi. Les Costaricains se voient déjà comme en Afghanistan, avec des marines en tenue et en armes à tous les coins de rue, ce qui certes n'est pas l'objet de l'accord mais est rendu possible par lui.

Des opposants à cet accord soulignent aussi que par la seule présence militaire US, le pays prend position géopolitiquement et risque de devenir une cible pour les ennemis des Etats-Unis. D'autres, au nombre desquels les pays de l'ALBA, voient là un renforcement de la présence nord-américaine dans l'isthme centraméricain, sous le prétexte de la lutte contre le narcotrafic. Les Etats-Unis ont en effet des troupes dans le nord du Guatemala, au Honduras et au Panama (un grand moment de communication en septembre 2009: annonce de bases nord-américaines puis rétropédalage).

Mes sources: La Nación (Costa Rica), El País (Espagne) et El Tiempo (Colombie)

13/07. Mon informateur personnel préféré sur le Costa Rica, Pierre Jolivet de Costa Rica Découverte, m'informe que la question est encore en discussion au sein du gouvernement, parce qu'il y a un problème constitutionnel. La culture locale portant plus au compromis qu'au clash, au demeurant, rien ne serait donc fait. En outre, la population est vraiment défavorable à la mesure (comment, ils ont vu la Colombie, ils ont vu le Mexique, ils ne sont pas motivés? Comprends pas).

América Economía (Chili) reprend les réactions des blogueurs et autres twitterriens mais ses informations sur le corps des gardes-côtes me semblent en contradiction avec ce que disent les autres médias.