Polémique autour du nouvel avion présidentiel

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Le président a reçu vendredi dernier son nouvel avion, un Falcon 900 EX Easy, pour remplacer le Sabreliner de 34 ans qui a connu de nombreux incidents au cours des derniers mois. L'opposition conteste cet achat de 38.7 millions de dollars dans un pays aussi pauvre que la Bolivie. Ah oui, on parle du président bolivien, bien sûr.

Le nouvel 'outil de travail' d'Evo Morales compte 19 places au lieu de 5; il reçoit les communications par satellite; il est plus économe que le précédent (quoique un témoignage de la Force Aérienne Bolivienne dise le contraire) et son autonomie de vol est plus grande (8.300 km). Du coup, le président n'aura plus besoin de solliciter d'autres pays pour le prêt d'un avion, comme il l'avait fait avec le Venezuela, l'Argentine, le Brésil et Cuba (Cuba! c'est dire si le Sabre Liner était en fin de vie). Tels sont les arguments repris pour répondre aux attaques de l'opposition, qui dénonce aussi un achat direct sans appel d'offres et très précipité. L'avion avait été commandé à Dassault par le Manchester United qui a finalement renoncé à l'achat, et le Falcon s'est envolé pour la Bolivie. Adieu donc à l'Antonov (surnommé affectueusement 'cercueil volant') longtemps pressenti, on se demande bien pourquoi Morales n'a plus voulu d'un avion russe?!

Le Falcon a été bien accueilli: une cérémonie indienne (je n'ose pas écrire traditionnelle, ça ne doit pas être si traditionnel que ça de bénir un avion?), une grosse fête avec les fils du président et ses invités. Ça m'a aussi permis de découvrir qu'Evo Morales a deux enfants, âgés de 15 et 14 ans, et que ça doit lui faire des sujets de conversation avec Fernando Lugo. Mais je laisse ça pour un prochain billet.

En conclusion, vous observerez que pour le prix d'un avion présidentiel français (176 millions d'euros) on a 5,6 avions présidentiels boliviens. Mais le président bolivien n'est pas marié, ça change sûrement tout.