Décision défavorable à l'Argentine dans l'affaire Botnia

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La Cour Internationale de Justice de La Haye, saisie en 2007 du différend entre l'Argentine et l'Uruguay au sujet d'une usine de pâte à papier installée dans ce second pays, rend son avis ce mardi 20 avril, depuis 15h. Pour résumer: oui, l'Uruguay a bien violé le traité, et non, l'usine ne fermera pas.

La lecture de la décision va se poursuivre jusqu'à 18h (heure française) mais l'essentiel est déjà dit:  pour la CIJ, l'Argentine n'a pas apporté la preuve d'une pollution environnementale par l'usine de pâte à papier sise sur le fleuve Uruguay à Fray Bentos (l'usine est à l'est de la ville, à proximité du point international; l'autre rive, c'est l'Argentine). Au demeurant, aucun article du traité bilatéral de gestion du fleuve frontalier, lequel remonte à 1975, ne fait référence à la pollution (une sacrée lacune, si je puis me permettre!): la Cour ne peut donc pas s'appuyer sur ledit Traité pour statuer. Par voie de conséquence, la question d'éventuelles mauvaises odeurs et de l'impact sur le tourisme n'est pas du ressort du Tribunal.

Cependant, le Tribunal donne raison à l'Argentine en confirmant que l'Uruguay n'a pas respecté les conditions d'informations imposées par le Traité.

Le conflit dure depuis maintenant 5 ans, lorsque le président uruguayen avait accepté la construction de deux usines de pâte à papier par des firmes européennes (la finlandaise Botnia, et l'espagnole Ence, qui avait finalement renoncé au projet). L'investissement promis par Botnia représentait pour le pays une offre non négligeable: le plus gros investissement direct étranger de son histoire, puis 1% du PIB annuel lors de l'exploitation, effective depuis 2007.

Les Argentins de Gualeguaychú, la jumelle de Fray Bentos, avaient immédiatement réagi, inquiets des répercussions sur le tourisme de balnéothérapie qui s'y pratique. Les écologistes tant argentins qu'uruguayens avaient joint leurs voix à cette opposition, vivement soutenue pour des motifs populistes par le président argentin de l'époque, Nestor Kirchner, époux de l'actuelle présidente Cristina Fernández.

Les blocages de route furent nombreux; celui du pont international qui relie les deux provinces dure depuis 3 ans, engendrant détours et pertes économiques.

Cristina Fernández et le nouveau président uruguayen José Mujica avaient manifesté leur désir de dépasser le conflit à l'issue du verdict du Tribunal de La Haye, saisi par l'Argentine en 2007.

Le verdict de la Cour Internationale de Justice ne peut faire l'objet d'un appel et ses décisions doivent obligatoirement être appliquées.

Continuará...