En Bolivie, les chauffeurs en grève pour pouvoir rouler ivres

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Difficile à croire, mais le monde du transport public bolivien est sur le pied de guerre contre un décret qui institue le retrait de permis aux chauffeurs de bus qui conduiraient en état d'ébriété. Déjà deux jours de grève, des émeutes, des blessés et des interpellations.

1000 morts par an en moyenne dans des accidents de la route: c'est beaucoup trop pour Evo Morales. Après la mort de 80 personnes le mois dernier, le président a donc émis un décret qui punit la conduite de bus en état d'ébriété par un retrait de permis définitif, et la fermeture des entreprises impliquées dans des accidents dus à cette cause. Avec la législation actuelle, le retrait de permis n'est définitif qu'après trois constats de conduite en état d'ivresse. On n'est pas très loin de Coluche: au bout de 30 avertissements, tu peux avoir un blâme, et au bout de 30 blâmes, tu passes en conseil de discipline, tu peux être dégradé.

On supposerait bêtement que cette mesure allait amener les chauffeurs de bus à choisir entre boire ou conduire. Pas du tout. Pour une raison qui m'échappe, ils s'opposent véhémentement au décret. Les transports publics sont en grève depuis deux jours et le resteront à moins que les 62 chauffeurs interpellés suite à des émeutes (un policier blessé à coup de pierres) ne soient libérés. Ouverts au dialogue, les chauffeurs acceptent d'envisager le retrait définitif de permis comme sanction, mais seulement pour les conducteurs ivres qui auraient causé un accident.

Evo Morales a décidé de renforcer l'effet de son décret: il s'appliquera donc à tous les conducteurs. Et toc. A quand la grève générale des conducteurs?!

A lire: Fin de la grève des transports publics, par Marie André-Allée sur Latinioo.