Des boat-people aux pateras

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Exposition sur les bateaux de l'exil aux Champs Libres (Rennes) jusqu'au 2 mai 2010. Avec une partie sur les migrants qui cherchent à rejoindre l'Espagne continentale ou les Canaries.

La première salle fait le point en photo sur les boat people de partout. Et pas seulement les boat people puisque Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en terre marocaine, et également point de nombreuses tentatives de passage, apparaissent également.

Une bonne occasion de se remémorer ou de découvrir les pateras, petites embarcations qui permettent de passer le détroit de Gibraltar, et surtout les cayucos, ces pirogues sénégalaises pouvant 'accueillir' jusqu'à 200 migrants, et qui vont vers les Canaries. Les deux petites maquettes montrent combien le bateau est inadapté à la haute mer et au séjour prolongé sous un fort soleil: rien pour s'en abriter, rien pour s'accrocher alors que la plupart des migrants découvrent la mer en prenant le bateau... Dommage que l'exposition ne soit pas allée rechercher l'excellent reportage de Dominique Mollard, journaliste français qui s'est embarqué sur un cayuco pour suivre la tentative de migrants... et qui a sauvé la vie de tous en contactant les secours grâce à son téléphone satellitaire alors que le cayuco partait à la dérive: panne de moteurs. Même si vous ne parlez pas l'espagnol, les images parlent d'elles-mêmes.

J'ai regretté aussi que l'on n'insiste pas davantage sur le nombre de bateaux qui n'arrivent jamais à une côte: 9 sur 10, d'après Dominique Mollard.

La grande salle qui héberge un sampan reprend, sur les murs, des extraits de presse évoquant les migrants morts lors de la traversée. Pas vraiment un motif d'étonnement pour quiconque suit l'actualité espagnole un peu au-delà de ce qui apparaît dans la presse francophone. Les articles sur les migrants vivants, morts ou en perdition sont quotidiens d'avril à octobre. Un peu moins cette année pour cause de crise économique qui dure...

L'exposition fait la part belle à la tragédie des boat people vietnamiens (à tout seigneur tout honneur) et à l'action occidentale et en particulier de l'ONG Médecins du Monde. L'émotion saisit forcément le visiteur... qui à la sortie aura tout oublié des boat people d'aujourd'hui, et de ceux de demain, probablement plus nombreux encore du fait de la multiplication des désordres climatiques.

Je ne peux guère commenter les vidéos choisies pour illustrer et développer le sujet, un problème technique les ayant rendu muettes pendant l'essentiel de ma visite.

A voir donc, mais à compléter, notamment par le diaporama Almost Paradise, immigration clandestine en Amérique Latine, proposé sur le site de l'exposition.