Argentine: au secours, ils veulent tous revenir!

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La prochaine élection argentine, c'est en 2011, autant dire demain. Du coup les loups sortent du bois: Kirchner, Duhalde, Menem... en ordre inversement chronologique et avec les dents plus ou moins bien plantées mais furieusement longues. D'autant que ces trois-là sont dans le même parti, dit Justicialiste ou péroniste, et que conformément à une nouvelle loi, chaque parti ne pourra présenter qu'un seul candidat. Primaires en perspective!

Nestor Kirchner, 59 ans, président de 2003 à 2007. Son épouse Cristina Fernández lui a succédé, mais il est en réserve de la république. On ne sait pas encore qui des deux sera candidat, mais l'un des deux sans aucun doute. Péroniste de gauche.

Eduardo Duhalde, 68 ans, président de 2002 à 2003. Il a pris ses fonctions pendant la crise économique de fin 2001, à la grande époque où après le départ précipité de Fernando de la Rúa, 5 présidents se sont succédé en 15 jours. Certains, le temps de prendre la mesure de la catastrophe et de repartir en courant. Lui s'était engagé à ne pas se présenter à l'issue de la fin du mandat de De la Rúa, en décembre 2003. Et avait donc lancé un inconnu du sud du pays, un gars bizarre affligé d'un strabisme, et dont il comptait bien tirer les ficelles: un certain Kirchner. On connaît la suite: le syndrome Pinocchio! Il revient donc, et il est pas content. C'est lui-même qui le dit: il est candidat pour 'dégager le fou', c'est-à-dire Kirchner. Les Argentins apprécieront sa motivation. Péroniste plutôt du centre.

Dans la catégorie vieux cheval de retour, Carlos Menem, 79 ans, président de 1989 à 1999. Se fiche de savoir si le pays n'a pas assez souffert grâce à lui. Une sorte de vieux beau qui pousse la chansonnette sur les plateaux télé en lustrant ses favoris. Accusé de corruption, de ventes d'armes à des pays en guerre, s'est réfugié un temps au Chili où il a épousé une ancienne Miss. Candidat en 2003; voyant qu'il allait être battu au second tour par Nestor Kirchner, a retiré sa candidature, ce qui a fait de Kirchner le président le moins bien élu du pays: seulement 22,24% des voix, celles du premier tour. Péroniste néolibéral.

Et puis, toujours chez les péronistes (oui, c'est vrai, il y a d'autres partis... mais qui se partagent les miettes... depuis le temps que le péronisme tire les ficelles...), un petit jeune surgi de la crise de 2002: Francisco de Narváez, 56 ans, entrepreneur richissime (c'est à la mode), a battu Kirchner lors des élections législatives de juin dernier dans la circonscription de Buenos Aires. Né en Colombie, il ne peut pas être candidat mais espère un changement de l'article de la Constitution qui l'en empêche.

En face: un radical, José Cobos, actuel vice-président; un multimillionaire, Mauricio Macri, ex-président du Boca Juniors (et en Argentine, ça compte!!), actuel gouverneur de Buenos Aires, franchement néolibéral, et à gauche 'Pino' Solanas, réalisateur de cinéma, auteur notamment de Memorias del saqueo (traduit incorrectement par Mémoires d'un saccage, alors que saqueo signifie pillage), un documentaire sur la crise de 2002.

Source principale: El País