Jeu de cache-cache au Honduras

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Le président démis de ses fonctions Manuel Zelaya aurait regagné son pays au lendemain de son 57ème anniversaire, selon plusieurs sources à vérifier. Pas du tout, répond le gouvernement de fait, mais comme il n'a pas non plus vu passer le coup d'Etat du 28 juin, on peut s'interroger sur son acuité visuelle. Même si on ne s'attendait pas à ce qu'il lui apporte un gâteau d'anniversaire.

C'est tombé il y a moins d'une heure sur les télescripteurs des agences (je sais ça ne veut plus rien dire mais j'adore) et tout le monde le répète à l'envi (et non, pas de E au bout): Zelaya est au Honduras, à Tegucigalpa, la capitale. Bon, en zone internationale tout de même, puisqu'il serait dans un bâtiment des Nations Unies, sans quoi c'était la case prison sans toucher 20.000 lempiras (la monnaie locale).

Ceux qui le disent sont des fidèles de la première heure: un conseiller et une vice-ministre. C'est confirmé par Hugo Chávez, ce qui est, comme chacun sait, un gage de fiabilité (hum...). Pour le moment, tout le monde l'a eu au téléphone ou par sms, mais personne ne l'a vu.

Zelaya dit avoir regagné son pays pour restaurer la démocratie. Certains de ses partisans appellent à nouveau à la mobilisation. Le retour de Zelaya est probablement la dernière carte qu'il puisse jouer pour essayer de recouvrer le pouvoir, alors que la campagne électorale pour la désignation de son successeur a commencé, que la médiation menée par Oscar Arias, président du Costa Rica, s'enlise, et que les Etats-Unis ne sont pas enthousiastes à l'idée d'intervenir autrement qu'en interrompant des aides économiques.

Dernière minute! Depuis 20', les Nations Unies nient la présence de Zelaya dans leurs murs. Il est passé par ici, il repassera par là. Créer le buzz pour exister médiatiquement est parfois un facteur de survie politique...