Nouvelles bases militaires états-uniennes en Amérique Latine

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La Colombie du Président Uribe (photo) accueillera prochainement trois nouvelles bases militaires des Etats-Unis sur son territoire. Le Congrès et le Conseil d'Etat font savoir qu'ils n'ont pas été consultés. Aucun rapport, selon l'armée, avec la fermeture de la base militaire de Manta, en Equateur, sur décision du président Rafael Correa.

Le carambolage des informations est parfois troublant. Ainsi, c'est aujourd'hui que s'achève le délai d'un an que Rafael Correa a donné aux Etats-Unis pour évacuer la base militaire de Manta. Parallèlement, on apprend que 800 militaires et 600 mercenaires (pardon, personnels extérieurs sous contrat) viendront prochainement s'installer dans les bases militaires existantes ou d'autres nouvellement ouvertes pour eux, afin d'assurer 'une aide technique' aux forces armées colombiennes, en particulier dans le domaine de la lutte contre le narcotrafic.

Ce qui fait un peu désordre, c'est qu'une fois de plus ni le Congrès ni le Conseil d'Etat n'aient été consultés, ni même informés officiellement. Le Conseil d'Etat rappelle que selon la Constitution, ce type de décision est du ressort du président, certes, mais après avis du Conseil. Quant au Congrès, plusieurs parlementaires soulignent que l'avis du Congrès est obligatoire pour passer des accords internationaux.

Voilà qui rappelle le Plan Colombie, de funeste mémoire (funeste, c'est à partir de combien de morts): un plan 'pour la paix, la prospérité et le renforcement institutionnel', essentiellement axé sur la lutte contre le narcotrafic, rédigé uniquement en anglais, à Washington, et imposé à la représentation populaire colombienne en 2000. Le recours aux fumigations massives par avion (y'a bon le glyphosate de Monsanto, vendu en Europe sous l'appellation Round-Up) a provoqué des ravages sur l'environnement et parmi la population.

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