La présidence ou la mort! (mais plutôt demain)

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Après avoir fait la tournée des lieux qui comptent, le président démis Manuel Zelaya s'apprêtait à rejoindre le Honduras aujourd'hui jeudi. L'OEA ayant donné 72 heures aux autorités pour réinstaller le président dans ses fonctions, Zelaya, prudent, attend la fin de l'échéance avant de tenter un retour.

Bon je n'ai pas suivi les événements à la minute parce que j'étais au colloque des Etés Tics, mais petits veinards, maintenant vous pouvez trouver l'essentiel des informations dans les médias francophones (à noter une intéresante mise en perspective de Mireille Lemaresquier pour France Info).

Vu d'ailleurs c'est rigolo aussi, alors je livre une série de remarques.

1. Appellation Coup d'Etat contrôlée: c'est le terme qu'emploient tous les journaux... sauf la presse nationale hondurienne, qui soutient sans barguigner qu'il s'agit d'un processus constitutionnel, et que le méchant Dobby, c'est Zelaya. El País (Espagne) a clairement pris position, en s'inquiétant de la suspension de certaines libertés fondamentales et dénonçant un état de siège qui ne veut pas dire son nom.

2. Au Honduras, on prend les choses très au sérieux, au point d'annoncer que si le président Zelaya prétend regagner son pays, il sera arrêté. Et au cas où il trouverait plus raisonnable de ne pas rentrer, le parquet hondurien vient de demander à Interpol la diffusion d'un ordre international de capture pour 18 délits, notamment la trahison à la patrie, l'usurpation de fonctions, l'abus de pouvoir, et la corruption. Toutes choses pour lesquelles le nouveau gouvernement, d'après Telesur, voudrait condamner Zelaya à 20 ans de prison.

3. Zelaya a déclaré à ses partisans, par téléphone, être prêt à 3 choses: mourir pour son pays (mais on sent que ce n'est pas son option préférée), aller en prison, s'il est capturé; ou regagner le palais présidentiel, si le peuple l'y reconduit, comme cela avait été le cas pour Hugo Chávez en 2002 (là c'et plus Zelaya qui dit, c'est moi qui commente). La dramatisation de la situation n'est pas sans rappeler, au choix, de grands moments d'histoire ou les telenovelas. Continuará...