Honduras: 'Si vous parvenez à savoir qui sont les autorités en ce moment, n'oubliez pas de me le dire'

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La situation semble toujours très compliquée au Honduras mais les militaires chargés de surveiller le palais présidentiel se montrent assez détendus avec les journalistes. Pendant ce temps, le président Manuel Zelaya déclare que la crise est finie et remercie les soutiens internationaux -en particulier provenant de l'ALBA-, et l'Organisation des Etats Américains appuie, comme toujours, le plus haut responsable du pays.

Dialogue surréaliste publié par El País, entre son envoyé spécial Pablo Ordaz et l'un des officiers du détachement qui surveille l'entrée du palais présidentiel:

- 'Etes-vous ici pour protéger le président ou pour l'empêcher de sortir?
- Nous sommes ici pour obéir aux ordres.
- Du président Zelaya ou du général Vásquez? [le chef de l'Etat Major interarmées destitué par le président et réinvesti par la Cour Suprême de Justice]
- Des autorités, toujours des autorités.
- Mais qui sont les autorités en ce moment?
- Si vous parvenez à le savoir, n'oubliez pas de me le dire.'

C'est que le général destitué refuse toujours d'accepter son limogeage, et continue donc à son poste; et il a l'appui de l'armée. Et pendant qu'un groupe de députés demande la destitution du président pour 'incapacité mentale', Manuel 'Mel' Zelaya maintient le référendum de dimanche, dont le déroulement sera confie aux bons soins de la police. L'opposition appelle évidemment au boycott.

Pour sa part, le Conseil Permanent de l'Organisation des Etats Américains (OEA) s'est réuni d'urgence aujourd'hui et a adopté une résolution de soutien au gouvernement du Honduras, annonçant également la visite d'une commission spéciale chargée d'analyser la situation politique et de trouver une solution à la crise par le dialogue. Rien que du très classique.

Parmi les rumeurs relayées par les médias, l'entrée sur le territoire hondurien de troupes armées en provenance du Nicaragua dont le président, Daniel Ortega, fait partie de l'alliance chaviste ALBA. Ce qui ne manque pas de sel si l'on se souvient que le territoire du Honduras avait servi de base arrière aux forces 'antirévolutionnaires' financées pas les Etats-Unis contre le pouvoir sandiniste (encore des communistes, méchant Dobby), lequel avait mis fin en 1979 à la longue dictature (non moins financée par les Etats-Unis) de la famille Somoza.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, une tempête tropicale qui menace de tourner au cyclone progresse vers la côte atlantique du pays.