Le ricochet de la crise

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Le Salvador est probablement le pays le plus paradigmatique de la question des remesas. Les près de 3 millions d'émigrés salvadoriens ont assuré jusqu'à récemment 18% du PIB de leur pays par ces envois d'argent. Le ralentissement économique qui les touche a un effet de ricochet sur leur pays, vers lequel les sommes envoyées diminuent.

Le Salvador, tout petit pays d'Amérique Centrale (21.000 km2, soit les départements du Finistère, des Côtes d'Armor et du Morbihan, et 6 à 7 millions d'habitants) vit beaucoup de l'exportation de ses travailleurs. Ils sont plus de 2 millions à avoir émigré aux Etats-Unis et 3 millions émigré tout court. La saignée a commencé dans les années 80, quand plus d'un million et demi de personnes ont fui la guerre civile.

D'après América Económica, un certain nombre de ces travailleurs songerait à revenir au pays - lequel n'a strictement rien prévu pour les accueillir, un Salvadorien ayant réussi étant un Salvadorien installé aux Etats-Unis, qui ne coûte rien à l'Etat mais qui lui rapporte.

Mettre en place des infrastructures efficaces, recréer un tissu d'entreprises, pacifier le pays, mais aussi et peut-être même surtout réveiller la fierté d'être Salvadorien et de vivre au Salvador: voilà le défi qui attend le prochain président, Mauricio Funes, qui prendra ses fonctions le 1er juin pour 5 ans. Représentant du Front Farabundo Martí de Libération Nationale, l'ex-guérilla de gauche devenue parti politique en 1992, Mauricio Funes est un ancien journaliste (correspondant notamment de CNN) qui a été élu le 15 mars.

A lire dans Le Monde Diplomatique: El Salvador, des guérilleros au pouvoir.
Dans Le Figaro, Salvador: la présidentielle hantée par la guerre