Accusation post-mortem contre le président guatémaltèque

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Ce dimanche, à Ciudad de Guatemala, un avocat a été abattu près de chez lui par des inconnus. Un fait hélas loin d'être exceptionnel (recommandations du Ministère des Affaires Etrangères français). Mais il avait enregistré quelques jours auparavant une vidéo sur une affaire en cours, terminant ainsi: 'si vous voyez cette vidéo, c'est que j'ai été assassiné par le Président Alvaro Colom'.

Dès les premières secondes de la vidéo, Rodrigo Rosenberg Marzano met directement en cause le président, Alvaro Colom, son secrétaire privé, Gustavo Alejo, et un entrepreneur proche du pouvoir, Gregorio Valdez.

Ses craintes venaient de sa proximité avec son client et ami Khalil Musa, assassiné en mars, de même que sa fille. Pour son avocat Rodrigo Rosenberg, ce crime-là a été perpétré parce que les Musa se refusaient à couvrir des combines illégales au sein de la banque de capital mixte Banrural, Banco de Desarrollo Rural, qui vont du blanchiment d'argent sale au détournement de fonds publics. Il évoque notamment l'argent investi dans des projets inexistants menés par la femme du président, Sandra Torres de Colom.

Rodrigo Rosenberg appelle le vice-président à réagir pour sauver le Guatemala. La présidence dénonce une conspiration ayant pour but la déstabilisation du pays. Pendant ce temps, la vidéo fait le tour du monde.

En 1954, le président démocratiquement élu Jacobo Arbenz est renversé par un coup d'état organisé au bénéfice de la multinationale United Fruit Company (il était question d'une réforme agraire qui serait allée contre ses intérêts). De 1960 à 1996 le pays a connu une guerre civile qui a fait 200.000 morts, 40.000 'disparus' et près d'un million de déplacés. Un joli score pour une population totale de 10 millions d'habitants.

Après le retour à la démocratie, les escadrons de la mort ont continué à agir. Le Guatemala est aujourd'hui un des pays les plus violents et les moins sûrs d'Amérique Latine.

La suite! (Il est 10h45 AM au Guatemala)

Le procureur général du pays, indépendant comme il se doit, qui doit ouvrir l'enquête que la Présidence appelle de ses voeux pour faire la lumière sur la mort de Rodrigo Rosenberg, a été vu ce matin sortant du bureau privé du président, sis à l'extérieur du palais présidentiel. Une réunion fantôme, un horaire inhabituel (7h30 du matin!!), un endroit discret... forcément, ça surprend, les gens parlent...