Economiquement correct

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Après le politiquement correct, l'économiquement correct fait fureur. Pendant des mois, le gouvernement espagnol s'est refusé à employer le mot 'crise'. Ils ont fini par y venir. Le ministre de l'Economie d'alors, Pedro Solbes, avait écarté la controverse d'un revers de la main: 'les gens peuvent appeler ça la crise si ça leur fait plaisir...'

Puis c'est la récession qui a coincé: on s'est mis à parler de croissance négative. D'ailleurs tout le monde a l'air de trouver ça normal.

Le nouveau défi, c'est de trouver comment désigner - sans faire peur à la population - deux mois consécutifs de baisse des prix. Moi qui ne suis pas allée au-delà du cours de Sciences Economiques et Sociales alors obligatoire pour tout le monde en seconde, quand les prix montent, j'appelle ça de l'inflation, et quand ils baissent, de la déflation. Eh bien, pas du tout: c'est de la désinflation. Seulement 11 300 occurrences dans Google pour le moment, contre 133 000 pour la déflation: ça n'a pas encore pris. Mais le concours est ouvert; adresser les suggestions à Elena Salgado, nouvelle ministre de l'Economie espagnole, ou directement à José Luis Rodríguez Zapatero, Palais de la Moncloa, Madrid, Espagne.

PS. Oui, je sais, ça se calcule par trimestre... et c'est la faute au pétrole qui coûte moins cher, méchant Dobby!