Médiatiser ou ne pas médiatiser...

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Faut-il parler des otages pour que le monde ne les oublie pas, ou se montrer discrets pour faciliter leur libération? Ce sempiternel dilemme revient en boomerang aujourd'hui à propos d'Ingrid Betancourt. Le vice-président de la Colombie a déclaré hier que la surmédiatisation de son cas 'fait monter les enchères' pour sa libération.

C'était peut-être là le piège tendu par le président Uribe au président Sarkozy. Uribe, qui n'a jamais été partisan de la négociation ni des échanges d'otages, a accepté coup sur coup une négociation humanitaire, dont il a confié une partie de la charge au président français, et la démilitarisation de fait de 150 km2, demande de longue date des FARC. Le vice-président colombien, s'il comprend le travail des comités de soutien, remet précisément en cause l'action du président français... peut-être une bonne façon de lui rabattre le caquet tout en multipliant les signaux d'ouverture et de bonne volonté.

Une absence de médiatisation qui me frappe en revanche: on ne cite plus le nom de Clara Rojas, directrice de campagne d'Ingrid Betancourt et enlevée à ses côtés. Stéphane Paoli sur France Inter associait systématiquement l'une à l'autre. On sait que Clara Rojas a accouché en 2004 et que le père de son enfant est un guérillero. Pour autant, elle reste otage...