Un Espagnol paye ses factures grâce à Twitter

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Dans la tourmente économique qui frappe l'Espagne, l'Etat-providence se réduit en peau de chagrin. Un Valencien au chômage depuis 18 mois a reçu l'aide qui lui était nécessaire pour payer ses factures grâce à Twitter.

L'Espagne compte plus de six millions de chômeurs, et tant la durée que le montant des allocations ont été revus à la baisse. En outre, de nombreuses familles poussées à devenir propriétaires pendant l'euphorie de la bulle immobilière sont prises à la gorge par le remboursement de leur crédit.

Ainsi, Jordi Velasco doit subvenir aux besoins de sa famille - sa femme au foyer et leurs deux enfants - avec son allocation chômage de 900€ mensuels. Or près des deux tiers de cette somme - 560€- sert à payer le crédit immobilier contracté par la famille. Avec le reste, Jordi paye les factures et nourrit ses enfants autant que faire se peut, mais avec de plus en plus de mal. En effet, l'inflation subsiste et la TVA a été revue à la hausse deux fois au cours des dernières années, en juillet 2010 et septembre 2012. En outre, le prix de l'électricité a augmenté de 3% en moyenne au premier janvier. Le pouvoir d'achat baissera encore en 2013.

Jordi Velasco s'est finalement résolu à demander de l'aide autour de lui, comme le font de nombreux Espagnols. C'est en général la famille qui pallie les carences d'un Etat-providence assez récent (1982 marque ses débuts) et de moins en moins généreux. Mais même le sacro-saint "matelas" (colchón) est de plus en plus mince (lire: Espagne, une traversée en solidaire, dans Le Monde), voire déjà épuisé.

Jordi s'est tourné vers ses contacts via le réseau social Twitter pour expliquer à ses 2700 followers son besoin urgent de rassembler 450€, pour payer des factures d'électricité et de gaz. En 48 heures, les dons ont dépensé 800€; des dons provenant essentiellement d'habitants de la localité, qui ont offert de six à cent euros. Jordi a également reçu des propositions d'emploi, et il espère bien décrocher un travail.

Extrêmement ému par la "solidarité du peuple", il a également promis de reverser l'argent récolté au-delà de ses nécessités à d'autres personnes davantage dans le besoin. Gageons, hélas, qu'il n'aura pas de mal à en trouver.