Les producteurs de lait argentins manifestent en français

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Les producteurs argentins manifestaient fin mars pour dénoncer la baisse des cours du lait. Dans leur collimateur, les industries de transformation et en particulier l'entreprise française Danone.

Ils disent être dans le rouge depuis six mois, perdant entre 1,20 et 1,50 pesos par litre produit. Pour boucler les fins de mois, ils en sont à vendre leurs vaches laitières. Et ils craignent de devoir mettre la clé sous la porte. Face à la hausse généralisée des prix (le peso argentin a perdu 40% de sa valeur entre la fin 2015 et le début 2016), et notamment celle du maïs et des fourrages, les éleveurs dénoncent la baisse du prix payé pour chaque litre: 2,70 pesos en général, soit le cours de 2014. A ceci près qu'à l'époque, le consommateur final payait 6 pesos son litre de lait, contre 18 pesos aujourd'hui.

Le gouvernement, qui octroyait une aide de 30 centimes par litre produit, a annoncé courant janvier son augmentation. La "compensation" est désormais de 40 centimes, à hauteur de 3.000 litres par jour et par producteur. Mais pour les éleveurs, ce n'est pas à l'Etat de payer, c'est aux industries de transformation. Ceux de la province de Tandil, au sud de Buenos Aires, pointent en particulier Danone, à qui ils vendent 500.000 des 800.000 litres qu'ils produisent quotidiennement.

L'entreprise française a monté en 1996 une joint-venture avec la famille Mastellone, fondatrice de la marque de produits laitiers Serenisima en 1929. C'est un acteur incontournable en Argentine: la marque Serenisima jouit d'un taux de notoriété de 100%, contre 60% environ pour Coca Cola, à titre de comparaison. Elle est leader sur le marché des yaourts et des desserts lactés. Outre l'exploitation de cette marque, Danone s'est positionnée en rachetant en 2013 une laiterie qui appartenait aux frères Mastellone. Depuis lors, elle traite directement avec 184 producteurs.

Fin 2015, malgré de très bons résultats et l'amélioration de la rentabilité de ses produits, Danone - qui payait un peu plus que ses concurrents, aux dires des éleveurs - a abaissé son prix d'achat. Une corrélation qui ne passe pas auprès de ses fournisseurs, qui affirment lutter pour leur survie et tentent de faire connaître leur combat à l'étranger. Sans autre résultat pour le moment qu'un échange avec des représentants de l'ambassade de France en Argentine.