Les Malouines, uruguayennes?

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Le parti présidentiel uruguayen envisage l'installation d'une commission chargée d'étudier l'hypothèse de la souveraineté uruguayenne sur les îles Malouines, territoire britannique revendiqué par l'Argentine depuis le XIXè siècle. De quoi mettre en colère la présidente argentine Cristina Fernandez, dont le président uruguayen José Mujica avait dit une fois "cette vieille est pire que le borgne" [Néstor Kirchner, époux défunt de Cristina], malheureusement devant un micro ouvert.

Le Frente Amplio (Front Large) auquel appartient le président José "Pepe" Mujica envisage l'installation d'un groupe de travail composé d'historiens, de géographes, de juristes, de diplomates, de politiciens et de militaires. Cette commission aurait pour tâche d'analyser si l'Uruguay n'est pas en fin de compte le détenteur de la souveraineté sur les Malouines, en vertu d'un traité hispano-uruguayen de 1841.

C'est en tout cas la thèse que soutiennent un architecte uruguayen et un ingénieur argentin, Ackermann et Villegas, dans un ouvrage de recherche historique publié en début d'année et intitulé Les Malouines sont-elles uruguayennes? Au milieu du XVIIIè siècle, assurent les auteurs, le port militaire de Montevideo - capitale de l'Uruguay - jouissait de la souveraineté sur les îles Malouines, l'île de Terre de Feu et les côtes de Patagonie.

En outre, les sénats uruguayen et argentin dont signé en 1972 un traité concernant l'Antarctique, lequel était fondé sur le traité hispano-uruguayen de 1841 (qui, outre les Malouines, évoquait le continent glacé); juridiquement, arguent Ackermann et Villegas, il s'agit d'une reconnaissance du traité de 1841. Donc les Malouines sont uruguayennes, et l'Argentine l'a reconnu.

Mais quelle mouche pique donc le Frente Amplio? L'installation d'une commission sur un tel sujet refroidira assurément les relations entre les deux pays, trois ans après la fin de l'affaire de l'usine de pâte à papier Botnia.