Le spot de Noël de Campofrío, un optimisme mordant

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Chaque année, de grandes marques espagnoles créent une annonce publicitaire de Noël. La Loterie bien sûr, toujours très attendue, mais la marque de vin mousseux Freixenet ou encore Campofrío et ses charcuteries. Confiée à la réalisatrice Icíar Bollaín, l'annonce de cette année a trouvé plusieurs niveaux de lecture et déchaîné les passions.

Je l'ai pour ma part - comme nombre des Espagnols qui l'ont découverte à partir du 24 décembre - trouvé très émouvante. Personnalités connues ou simples figurants, tous s'unissent autour du personnage central - interprété par le clown Fofito - pour retrouver des raisons d'espérer, en listant sur "le CV de tous" nombre de succès espagnols. L'ironie mordante s'y manifeste parfois, et elle fait mal, mais le spot publicitaire égratigne aussi les "grands" auxquels est attribuée une part de responsabilité de la situation actuelle du pays.

Fofito, de plus en plus entouré, s'emploie donc à lister les grandes réussites du pays, depuis les prix Nobel aux TGV vendus aux Chinois, en passant par les victoires sportives et les yayoflautas, la section troisième âge des Indignés - "ça, il n'y en a pas à l'étranger". Puis vient l'heure des cadeaux, évidemment tous de la marque Campofrío: du chorizo pour les agences de notation - chorizo désignant également un voleur -; de la dinde pour Angela Merkel, du saucisson pour le FMI (là j'avoue, le message m'échappe).

On grince un peu des dents au passage "et n'oublie pas les jeunes! Nous exportons la génération la mieux préparée de l'histoire" ou quand face à une grand-mère et sa petite fille Fofito déclare: "ce sont elles les championnes, qui avec leur retraite font vivre leurs enfants et leurs petits-enfants", parce que c'est cruellement vrai.

Comme il s'agit d'un message de Noël, j'ai tendance à penser que ce spot invite à dépasser les moments difficiles et à retrouver l'espoir en repensant à tout ce que l'Espagne a déjà su produire, mais d'autres ont une lecture différente et le voient comme une cruelle satire de la situation (tous ces succès sont lointains ou ridicules) et du comportement des Espagnols. c'est le cas ici ou encore . Je vous laisse juges.