Le président Martinelli, "encaisseur" pour le Panama

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Le président panaméen Ricardo Martinelli a rendu une visite à son homologue vénézuélien Nicolas Maduro. L'objectif principal de sa visite est d'accélérer le paiement des dettes contractées par les entrepreneurs vénézuéliens auprès des fournisseurs de la zone franche de Colón. Les impayés s'élèvent à trois cents millions de dollars.

Ce n'est pas l'encaisseur en smoking familier aux Espagnols, mais presque: le plus haut représentant du Panama a fait lundi 8 juillet une visite officielle au président Maduro pour le sensibiliser au nécessaire réglement des dettes accumulées par les importateurs vénézuéliens. La raison avancée de ce non-paiement est la difficulté à se procurer le précieux billet vert au Venezuela. En effet, les entreprises ne peuvent en acheter qu'auprès d'un organisme d'Etat, la Commission d'Administration des Devises (Cadivi).

Une fois que l'importateur a fait sa demande de dollars, il reçoit une réponse de principe; quand celle-ci est positive, il peut valider son achat. Ce n'est que dans un deuxième temps que la Cadivi lui fournit effectivement les dollars dont il a besoin. Or en 2012, celle-ci a approuvé la vente de 77 millions de dollars, alors qu'elle ne disposait que de 50 millions. Il y a donc un manque de devises pour régler les achats - mais qui n'explique pas cependant trois cents millions d'impayés.

Le Venezuela a été l'année dernière le principal client de la zone franche du canal de Panama en achetant 20% des quinze milliards de dollars de marchandises exportées. En cette année électorale, il importait que la population ait une illusion d'abondance et de bien-être; la monnaie vénézuélienne, le bolivar, est artificiellement soutenue à une valeur très élevée pour favoriser les importations. La Cadivi vend un dollar pour 6,5 bolivars, quand le cours réel fluctue entre 13 et 17. C'est bien évidemment l'Etat qui prend en charge la différence, mais avec de plus en plus de difficultés, et se voit contraint de réduire la distribution de liquidités.

Le président Martinelli n'est reparti qu'avec l'annonce de la création d'une commission technique bilatérale, mais s'est déclaré satisfait. Sa prochaine étape est la Colombie, pour demander la suppression des droits de douanes aux produits réexportés de la zone franche panaméenne.

 

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