Le Nicaragua achète 50 chars de combat russes

Catégorie:

Tags:

Le petit pays d'Amérique Centrale recevra d'ici la fin de l'année 50 chars russes T-72B1 pour renouveler son armement. Peu de précisions pour le moment, mais les réactions sont nombreuses: l'opposition est offusquée, le Costa Rica inquiet, l'ambassadrice des Etats-Unis tente d'en savoir plus.

L'information est arrivée lundi de Russie: le Nicaragua recevra prochainement 20 chars russes sur les 50 qu'il a commandés. Le porte-parole de l'armée nicaraguayenne a partiellement confirmé ce fait, indiquant qu'il s'agit de renouveler du matériel arrivé au bout de sa vie utile, dans le cadre d'un plan de modernisation et de développement de l'armée. Il n'a indiqué ni quantité de chars ni mintant de l'opération.

Nicaragua et Russie ont signé en 2014 un accord de coopération militaire dans le but de lutter contre le narcotrafic et d'améliorer les capacités d'action de l'armée pour faire face aux désastres naturels.

... Avec des chars?...

Selon l'agence de presse russe RIA Novosti, l'acquisition de ces engins représente 80 millions de dollars, soit tout de même 3,5% du budget public du pays (2,3 milliards de dollars). Dans le cadre de ce contrat d'équipement, le Nicaragua devrait également se doter de plusieurs vedettes rapides pour sécuriser l'espace maritime qu'il a gagné sur les eaux territoriales de la Colombie, suite à une décision de la Cour Internationale de Justice de La Haye. Ces équipements iront rejoindre leurs camarades russes acquis au cours des dernières années: systèmes de défense anti-aérienne, véhicules blindés, hélicoptères, et d'autres vedettes.

Députés de l'opposition, experts et plusieurs militaires en retraite dénoncent cet investissement. Pour les uns, cet argent pourrait servir à d'autres fins plus utiles, comme fournir les hôpitaux en médicaments, ou soutenir les paysans qui subissent une forte sécheresse. Les autres se demandent à quoi pouront bien servir ces chars, les deux voisins terrestres étant au sud le Costa Rica, qui n'a pas d'armée et encore moins de vélléités d'invasion, et au nord le Honduras, qui a également d'autres chats à fouetter. Certains concluent même qu'il s'agit d'intimider les nicaraguayens eux-mêmes, alors que l'opposition à la construction d'un canal interocéanique est forte.

Le ministre des Affaires Etrangères costaricain a fait part de la préoccupation de son gouvernement, non pour son territoire en particulier (c'est ça, prends-nous pour des courges) mais parce que les pays de la région ont davantage besoin d'investir dans la santé, l'éducation et la lutte contre le crime organisé. L'ambassadrice des Etats-Unis à Managua (capitale du Nicaragua) n'a pour le moment rien à dire: elle cherche à en savoir davantage. Et on la comprend, parce que rien n'est très clair dans cette histoire, tout le monde reprend les infos des autres sans les créditer de la même manière, un char n'y retrouverait pas ses obus.

Mais bon, c'est à suivre.