Le Costa Rica manque de bras

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Les mois de décembre à avril correspondent au Costa Rica à la récolte des différentes cultures agricoles, pour lesquelles les propriétaires terriens ont traditionnellement recours à des journaliers nicaraguayens. Mais cette année, on craint de manquer de main d'oeuvre, retenue dans son pays par le développement économique, informe AméricaEconomía.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le Costa Rica met en général à profit l'importante main d'oeuvre nica, sous-employée dans son pays, et bien considérée par les Ticos (Costaricains). Le Nica est travailleur, et comme il est loin de chez lui, il est à l'heure au travail. Alors qu'on ne peut pas compter sur les Ticos, qui parfois ne reviennent pas travailler l'après-midi, m'a-t-on expliqué dans la région presque frontalière du Guanacaste, au nord du Costa Rica. (Je ne cautionne pas, je répète pour information, soyons clairs.)

Dans les nombreuses plantations de café, on fait aussi appel aux Indiens du Panama. Mais le problème, ce sont les Nicas: leur gouvernement a lancé de grands travaux d'infrastructure (dame, les élections approchent...) et l'agriculture s'est développée. Du coup, il y a plus de travail au Nicaragua, et moins de travailleurs migrants potentiels.

Et les propriétaires terriens costaricains s'en trouvent fort marris et fort dépourvus de main d'oeuvre, alors que va débuter la récolte de la canne à sucre, du café, du melon, de la pastèque, de la mangue et de l'orange. Sans parler de l'ananas, qui attire de plus en plus de journaliers. Si l'Institut du Café du Costa Rica affirme que le secteur ne devrait pas être trop touché, l'inquiétude monte, et l'Icafé enverra peut-être bien une commission au Nicaragua. Histoire de voir sur place quelle quantité de main d'oeuvre est absorbée par les programmes publics et combien de Nicas envisagent de rester travailler au pays si l'agriculture se développe davantage, précise La Nación, qui liste aussi les besoins:

  • Ananas: 27.000 personnes, toute l'année, en concurrence avec d'autres cultures dans le nord
  • Café: de 70.000 à 80.000 personnes selon les sources, pour la récolte
  • Canne à sucre: d'après le Ministère du Travail, environ 2.700 personnes pour la récolte (janvier-avril)
  • Orange: 2.500 personnes pour la récolte; les plantations sont situées dans le nord, près de la frontière

Pour un peu, ils vont demander au Nicaragua d'arrêter de créer des emplois locaux...