L'Argentine déçoit beaucoup Monsanto

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A la mi-mai, l'entreprise Monsanto s'est déclarée "déçue" de ses échanges avec le nouveau gouvernement argentin; elle reverra donc ses projets de développement locaux et n'introduira plus de nouvelles technologies dans le pays. La raison? Un gouvernement qui ne se plie pas comme prévu à ses exigences.

Monsanto est l'un des principaux fournisseurs de l'Argentine, grenier à grains de l'Amérique Latine, premier producteur mondial de soja - essentiellement OGM - et troisième exportateur mondial. Mais tout n'est pas rose pour la multinationale qui, malgré une rencontre entre son CEO et le ministre argentin de l'Agroindustrie, n'a pu arriver à ses fins.

Depuis avril 2015, Monsanto fait inspecter les chargements de grains avant leur exportation, pour vérifier l'absence de soja produit à partir de ses semences, et surtout, en cas de présence de grain OGM non déclaré issu de sa création Intacta RR2 Pro - résistant aux insectes -, réclamer aux producteurs le paiement de droits pour leur utilisation.

En avril 2016, le ministère argentin de l'Agroindustrie a fait publier au bulletin officiel une résolution qui rend obligatoire une autorisation préalable à toute inspection des chargements, autorisation délivrée par ledit ministère. Concomittamment, le gouvernement a indiqué que les inspections menées par Monsanto sont totalement illégales: la loi argentine prévoit que la perception de droits intellectuels se fait au moment de la vente des semences, et personne n'a autorité pour inspecter et encore moins retenir la production. Elle stipule aussi que l'usage de semences de deuxième génération ne donne pas lieu à rémunération, ce qui chagrine Monsanto, qui dénonce la vente de ses semences au marché noir.

De la part d'une multinationale qui s'est arrangée pour faire vendre illégalement ses créations au Brésil (à partir de l'Argentine, d'ailleurs) afin de contaminer les récoltes en OGM et d'obliger le gouvernement à renoncer au 0% d'OGM dans les productions nationales, c'est assez cocasse.