La crise ukrainienne, une opportunité pour le gaz bolivien?

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Le comportement de la Russie vis-à-vis de l'Ukraine inquiète par ricochet les pays européens qui importent du gaz russe. La Bolivie - dans ses rêves les plus fous? - aimerait bien reprendre le marché.

On dit que les crises sont aussi des opportunités. C'est ce que doivent se dire les autorités boliviennes face à la crise ukrainienne.

L'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Finlande dépendent à 100% du gaz russe; en Allemagne, celui-ci représente 36% des approvisionnements, expose BBC Mundo. Et ces pays aimeraient trouver d'autres fournisseurs.

De son côté, la Bolivie, qui dispose de grandes réserves de gaz, exporte vers ses voisins, essentiellement l'Argentine et le Brésil. La Bolivie est le premier exportateur latino-américain pour ce produit qui représente près de la moitié de ses exportations, en valeur.

Or le Brésil a découvert de grands gisements de pétrole et de gaz offshore, des gisements profonds dits pré-sel car ils se situent sous une épaisse couche de sel, à plusieurs kilomètres de profondeur. L'Argentine est pour sa part à la tête du plus grand gisement connu de pétrole et gaz non conventionnels sur le site de Vaca Muerta, dont la découverte a joué dans la décision de la présidente Cristina Fernandez de Kirchner de remettre la main sur la compagnie YPF, qui appartenait à l'espagnol Repsol. Non seulement ces deux clients de la Bolivie vont devenir indépendants en gaz dans les prochaines années, mais selon les experts cités par BBC Mundo, l'Argentine pourrait d'ici 5 à 10 ans entrer en concurrence avec la Bolivie dans l'approvisionnement du continent.

Pour le vice-président bolivien Alvaro Linares, à quelques mois de l'élection présidentielle, l'objectif est de diversifier les marchés. Et les mésaventures européennes l'inspirent fort.

Cependant, plusieurs problèmes de taille rendent son projet peu envisageable. Tout d'abord, la Bolivie n'a plus d'accès à la mer depuis le XIXè siècle, et même si sa revendication maritime a été portée devant la Cour Internationale de Justice de La Haye, il est peu probable que la Bolivie retrouve ses côtes. Elle a recours pour ses exportations pacifiques à un port loué par le Pérou, et cherche à passer un accord avec l'Uruguay pour obtenir un accès atlantique.

Même si le pays méditerranéen disposait d'un port d'embarquement, se poserait la question de l'acheminement du gaz jusqu'à celui-ci: cela passe par la construction d'un gazoduc international.

Autant dire que l'Europe ne se chauffera pas au gaz bolivien à court terme.