Hécatombe d'oiseaux marins et de cétacés au Pérou

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Chaque jour laisse sur les plages du Pérou son lot d'animaux marins morts. Alors que la cause de cette hécatombe continue à échapper aux scientifiques, les autorités commencent à prendre des mesures sanitaires pour éviter une éventuelle contamination des populations.

Les premiers cas ont été recensés en janvier, mais l'affaire a pris de l'ampleur au cours des dernières semaines, quand 800 cadavres de dauphins et 1.200 pélicans morts ont été retrouvés sur des plages du nord péruvien. D'autres sources parlent de plus de 3.000 dauphins et de bien plus d'oiseaux. Des otaries et une tortue ont également été découvertes.

Dans un premier temps, après avoir écarté la grippe aviaire, les scientifiques de l'Institut de la Mer Péruvienne (IMARPE) ont évoqué la responsabilité du morbillivirus dans la mort des dauphins. Avant de la rejeter. On ne sait donc toujours pas avec certitude ce qui provoque la mort de tant d'animaux marins, ni si la cause est la même pour les différentes espèces.

L'Université Nationale de Trujillo, qui a étudié des pélicans morts, a constaté la faiblesse de leur masse musculaire - en d'autres termes, ils souffraient de dénutrition - et la présence d'un ver parasitaire, l'ascaris, en très grandes quantités. La dénutrition est probablement liée à l'excessive température de l'eau - plus de 18º, quand les normales saisonnières vont de 14 à 16 - qui entraîne une migration des bancs d'anchois vers le sud et dans des eaux plus profondes. Or ces petits poissons sont l'alimentation de base de nombreux oiseaux marins de la région. Quant à l'état de parasitose, les scientifiques l'attribuent à une baisse des défenses immunitaires provoquée par la pollution marine, et peut-être l'exposition à des polluants d'origine pétrolière.

Les autorités sanitaires commencent à s'inquiéter de la présence d'un éventuel virus dans l'eau, et des grands risques de contamination humaine par le parasite de l'ascaris, qui entraîne une hausse de la mortalité infantile. L'infestation se fait par l'absorption d'eau ou d'aliments contenant des oeufs ou des vers.

Le Ministère de la Santé déconseille donc très vivement la fréquentation des plages-cimetières - même si pour ne pas inquiéter les populations leur accès n'est pas interdit -, tout comme la baignade. Les produits de la mer ne doivent pas être consommés crus, les cadavres de dauphins en relatif bon état ne doivent pas non plus être ramenés à la maison pour consommation - cela s'est vu -, il ne faut pas toucher les dépouilles, et les personnels municipaux chargés de leur évacuation devront être au minimum équipés de gants et de masques.

Parallèlement, des spécialistes rattachés à la Direction Générale de la Santé Environnementale (DIGESA) recherchent toujours la cause de ce désastre. Mais le Pérou n'envisage pas pour le moment de solliciter des laboratoires étrangers, dont l'aide pourrait pourtant accélérer l'identification du ou des facteurs responsable(s).

12/05: sur les côtes du centre du Chili, une autre hécatombe d'oiseaux de mer, mais celle-là serait dues aux pêcheurs: un oiseau de mer pris dans un filet et qui se noie, c'est un concurrent en moins sur la ressource halieutique... Plus sérieusement, étant donné la taille des filets, le temps nécessaire pour dégager les oiseaux est probablement dissuasif. Il y a encore du travail sur la notion d'écosystème.