Espagne: tout doit disparaître

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Mariano Rajoy continue à chercher des postes d'économie et à relancer celle du pays. Après l'annonce de la hausse de la TVA au 1er septembre, le gouvernement libéralise le commerce, tablant sans doute sur la réinjection de l'argent de l'économie souterraine. Parce que sinon, on ne voit pas bien avec quoi les familles espagnoles, prises à la gorge depuis plus de deux ans maintenant, pourraient encore consommer.

Tout doit disparaître! Les soldes étaient, depuis la loi de 1996, limitées à deux fois deux mois dans l'année et à deux périodes données - une en été, une en hiver - dont chaque Communauté autonome fixait les dates. Elles seront totalement libres à partir de 2013: chaque commerçant pourra apprécier à quel moment il souhaite solder ses produits, combien de temps, en combinant l'opération avec des promotions et en faisant rentrer s'il le souhaite des biens spécialement pour cette occasion. On pourrait remplacer le panneau "soldes" par "arnaque" mais ça serait moins vendeur.

Les commerçants disposeront également d'horaires d'ouverture élargis: le maximum pour les commerces de moins de 300 mètres carrés passe de 72h hebdomadaires (soit douze heures par jour, six jours sur sept, tout de même) à 90 (quinze heures par jour). En outre, le nombre de dimanches et jours fériés ouvrables passe de huit à dix, et les villes à forte affluence touristique ont jusqu'à la fin de l'année pour libéraliser totalement les horaires commerciaux dans certaines zones.

Madrid a pris une longueur d'avance: à compter d'aujourd'hui, en vertu de la Loi de Dynamisation de l'Activité Commerciale (le Redressement Productif était déjà déposé) les commerces peuvent ouvrir 24h sur 24, les 365 jours de l'année. La Communauté autonome table sur la création de (jusqu'à) 20.500 postes de travail, dont la qualité n'est évidemment pas spécifiée, mais comme l'expose le président de la Confédération du Commerce de Madrid, Hilario Alfaro, "un seul poste net créé justifiera l'ouverture totale", vous serez bien d'accord pour reconnaître qu'il vaut mieux lire ça que d'être aveugle.

Puisque le commerce c'est la santé et que dépenser l'argent qu'on n'a pas est un acte de patriotisme (non, je ne l'ai encore lu nulle part mais on trouvera bien un crétin économiste politique expert pour le placer à un moment), Madrid supprime également la licence commerciale, cette autorisation préalable à l'ouverture d'un magasin. La licence est remplacée par une "déclaration responsable", c'est fascinant de voir comme on arrive à détourner le vocabulaire.

La Communauté présidée par Esperanza Aguirre bénéficie également de la libéralisation des soldes, mais juste avec un peu d'avance sur le reste de l'Espagne puisque cette excellente idée a été reprise au niveau national, comme on l'a vu plus haut.

Et comme cela fait déjà deux jour que le gouvernement de Rajoy a annoncé ces mesures, on attend les suivantes.