Du manque de moyens dans les prisons colombiennes

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Une dangereuse proxénète a-t-elle retrouvé la liberté avant même son procès? Cette question a agité la ville de Carthagène des Indes et dévoilé une situation encore plus prosaïque: le manque de moyens dans les prisons.

En juillet 2018, la police colombienne mettait fin aux agissements de Liliana del Carmen Campos, plus connue sous le surmon "la Madame (en français dans le texte) de Carthagène". Nota : évitez de vous faire appeler "madame" en Amérique Latine, c'est légèrement connoté. Le rayonnement français !

Cette Madame est considérée comme la plus grande proxénète de l'histoire de la Colombie, en vertu de quoi, et en l'attente du procès, elle a été incarcérée dans la prison pour femmes du centre historique de Carthagène.

Stupeur donc des habitants lorsque, cette semaine, ils l'ont croisée déambulant dans les rues de la ville. Déferlement de questions, d'inquiétudes, et certainement de théories du complot sur les réseaux sociaux. Les autorités ont souhaité couper court et le directeur de la prison a expliqué la situation. Attachez vos ceintures.

Oui, la Madame circulait bien, à pied, dans le centre ville. Mais c'était parce qu'elle devait se présenter au tribunal, situé à quelques pâtés de maisons de la prison. Or ladite institution ne dispose pas de véhicules pour transporter les prisonniers. En louer un, non seulement c'est coûteux - encore que parfois les prisonnières les payent elles-mêmes, mais c'est le meilleur moyen de se retrouver coincé dans les embouteillages. Donc les détenues sont déplacés à pied.

Car la Madame était accompagnée, ce que n'ont pas pu comprendre les observateurs, car le garde qui l'escortait était en civil. Non par discrétion, mais parce que le budget ne permet plus de payer des uniformes.

Et enfin, certes elle n'était même pas menottée, mais cela s'explique tout autant : six des sept paires de menottes de la prison sont inutilisables. La septième paire joue un rôle précieux : elle sert de cadenas pour la porte principale de la prison.

En conclusion, ce n'était pas la première fois que la Madame circulait dans les rues depuis son incarcération, et ce ne sera pas la dernière. Tant que le budget des prisons ne sera pas revu.