Destitution au Paraguay: J+4

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Soit la journée a été tranquille au Paraguay, soit les médias s'y sont moins intéressés aujourd'hui. Deux-trois babioles tout de même.

L'Organisation des Etats Américains s'est réunie en urgence aujourd'hui, pour arriver à une stupéfiante conclusion: ils ne peuvent rien faire. Ou pour reprendre les termes de José Miguel Insulza, son secrétaire général: "L'OEA n'a pas de facultés d'intervention, personne n'a de facultés d'intervention." Le journaliste qui rédige l'article rappelle judicieusement que la dernière fois que l'OEA a voulu faire jouer ses muscles, c'était en 2009, après le coup d'Etat contre Manuel Zelaya au Honduras. Le pays avait été suspendu de l'institution, ce qui n'avait pas tellement impressionné les putchistes. Et puis le Honduras avait été réintégré deux ans après le renversement du président.

De son côté, Cuba a retiré son ambassadeur, comme le Venezuela et l'Argentine. L'opposition chilienne pousse le président Piñera à faire de même.

L'ex-président Lugo explique que son shadow cabinet et lui surveilleront de près le comportement du nouveau pouvoir. Sur le plan international, le président Franco n'est reconnu par personne, seul Lugo est considéré comme le représentant du pays. Le Paraguay est privé de sommet du Mercosur à Mendoza en fin de semaine, mais Lugo y a été invité par la présidente argentine Cristina Fernandez. Il y donnera sa version des faits aux autres présidents.

Du coup Franco insiste sur l'importance de la situation intérieure: sa priorité est d'éviter une guerre civile, si si, la relation du pays avec la communauté internationale vient après. En attendant, il a un président destitué qui est reparti en campagne à travers tout le pays, pour rencontrer les gens, les écouter et sûrement aussi les mobiliser un peu.

Bref. Aujourd'hui, c'était calme.