Détecteur de mensonge et test antidopage pour la police hondurénienne

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Les accusations répétées de narcocorruption dans la police hondurénienne ont beau être désagréables à entendre pour les pouvoirs publics (voir ici), elles n'en ont pas moins l'air fondées. En tout cas, le mécontentement de la population gronde. C'est pourquoi cinquante responsables de la police nationale seront priés de se soumettre au polygraphe, le fameux détecteur de mensonges, et à des tests antidopage - mmm, on cherche quel dopant? Cocaïne?

Les tests ont commencé ce lundi: les services de médecine légale du Ministère Public cherchent à déterminer si les policiers sont liés au crime organisé et au narcotrafic. Le directeur de la police, Ricardo Ramírez del Cid, est passé le premier pour montrer l'exemple. C'est d'ailleurs tout ce qu'il peut faire car aucune loi n'oblige les policiers à se soumettre à pareil test. Pour les convaincre on a sorti l'argument massue et tellement finement pensé: bah si tu es innocent, tu n'as rien à craindre en passant au détecteur de mensonges. Argument qui a la fâcheuse tendance à se décliner ainsi: donc si tu refuses c'est que tu n'es pas tout blanc (pour ainsi dire), donc par mesure de précaution, hop tu sautes.

Bien sûr, le policier peut également s'enthousiasmer pour cette grande cause nationale et considérer que c'est de son devoir de se soumettre aux tests devant révéler sa probité ou sa participation à des activités illégales. Après tout, des étudiants de quatrième année m'expliquaient récemment que la vidéosurveillance ne les dérangeait pas: "on n'a rien à se reprocher..." et encore merci Big Brother.

Donc la police s'est lancée dans une grande opération de marketing transparence qui devrait rassurer et réjouir la population. Vingt-neuf agents et neuf officiers soupçonnés d'avoir pris part à des actes délictueux ont déjà été mis à pied, mais là on passe aux chefs.