Coup de balai au gouvernement hondurénien

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Le gouvernement du président Porfirio Lobo, au pouvoir depuis janvier 2010, vient de connaître son plus grand bouleversement, rapporte El Heraldo. Plusieurs ministres et hauts fonctionnaires ont quitté leurs postes, l'occasion pour le président de rebattre les cartes en fonction des résultats de chacun.

L'ambiance a l'air sympathique dans ce "gouvernement d'intégration, d'unité et de réconciliation" - l'élection de Porfirio Lobo a eu lieu dans des conditions discutables, sous une présidence de fait qui a suivi le coup d'Etat de juin 2009: il fallait bien un gouvernement qui fasse tout ça.

Ainsi, le ministre de la Sécurité a-t-il démissionné, une semaine après le passage au Congrès de sa proposition de Loi Spéciale d'Epuration Policière, destinée à exclure les policiers corrompus. Le ministre Álvarez a également dit publiquement qu'il y avait dans les rangs de la police des hommes et des officiers liés au narcotrafic, qui quittaient leur postes pour aller assurer le "contrôle aérien" au décollage et à l'aterrissage des petits avions de transport de drogue. Des affaires, a dit le ministre, connues de la justice, mais apparemment pas traitées.

Le projet a déplu aux policiers et les propos au président: hop, adieu le ministre, ses vice-ministres et les responsables de la police - seul le ministre a pu démissionner, les autres ont été limogés. Une façon comme une autre de faire le ménage: quand il n'y a plus personne avec qui être en désaccord il n'y a plus de conflit. C'est une technique très éprouvée localement: le président de fait Micheletti avait bien monté un gouvernement de réconciliation nationale ne comportant que ses partisans, tout en accusant ses opposants de ne pas vouloir participer.

Exit aussi le directeur de la Direction Exécutive des Recettes (DEI), en charge des impôts: il prétendait justement augmenter les rentrées fiscales d'une façon qui n'a pas eu les faveurs du secteur entrepreneurial. Au Honduras, si on veut faire de la politique, il ne faut pas fâcher les entrepreneurs. Le président déchu Zelaya avait décrété une forte hausse du salaire minimum, on ne le lui a pas pardonné.

Sur le départ, on trouve également Mario Canahuati, ministre des Affaires Etrangères, qui avait beaucoup contribué à la normalisation des relations internationales d'un Honduras plus trop fréquentable.

Le président Lobo a annoncé qu'il continuerait le remaniement après évaluation du travail de chacun.