Cajamarca en état d'urgence

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Le président Humala a suspendu le projet Conga la semaine dernière, mais les mobilisations ne faiblissent pas: la population veut l'abandon pur et simple du projet qui provoquerait l'assèchement de plusieurs lagunes. Pris entre les revendications légitimes des habitants désireux de vivre dans un environnement sain et les engagements internationaux auprès des investisseurs, le président a décrété hier l'état d'urgence dans quatre départements de la région de Cajamarca. L'armée est chargée de rétablir le calme.

Les quatre départements de Cajamarca, Celendín, Hualgayoc et Contumazá, au sein de la région de Cajamarca (nord du pays) qui en compte treize, sont en état d'urgence pour soixante jours. Les forces armées du pays sont chargées de stabiliser la situation et de rétablir l'ordre, troublé par les grèves et les blocages de route.

Pour La Razón, cette décision forte a déjà atteint son objectif, et les manifestants quittent les lieux qu'ils occupaient, laissant les activités économiques reprendre normalement (on sent bien au ton de l'article que le journal n'apporte pas son soutien au mouvement des anti-Conga).

La Información de son côté rapporte un "calme tendu" dans les départements concernés et rappelle en quoi consiste l'état d'urgence: cela signifie "la suspension des garanties constitutionnelles relatives à la liberté et la sécurité personnelles, à l'inviolabilité du domicile et à la liberté de réunion et de circulation", ce qui n'est pas rien.

Parallèlement, indique La República, le président Humala a créé une commission interministérielle en vue d'élaborer un paquet de mesures visant au développement de la région, dans le but de résoudre le conflit de fond.