Au Venezuela, des jouets saisis pour le Noël des enfants de la patrie

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Une institution gouvernementale vient de confisquer près de quatre millions de jouets qui seront distribués par les services du gouvernement. Une tentative désespérée de plus des chavistes pour se concilier les bonnes grâces d'une population exténuée par les pénuries et l'hyperinflation, et prête à destituer son président pour peu qu'on lui en donne l'occasion.

Ce vendredi, la SUNDDE (Superintendance Nationale pour la Défense des Droits Socio-économiques) a inspecté l'entreprise Kreisel, le plus gros distributeur de jouets du pays. Elle y a saisi 3,8 millions de jouets, avec l'argument - ou sous le prétexte, selon les points de vue - que l'entreprise avait violé les droits des enfants de la patrie.

Selon la SUNDDE, Kreisel avait indiqué disposer d'environ 360 000 jouets. Le distributeur aurait donc dissimulé les neuf dixièmes de ses stocks lors de l'inventaire obligatoire. Ces jouets auraient été acquis depuis 2009 (ou 2014 selon les sources, les médias ne sont pas tous d'accord entre eux) à l'aide de dollars proposés à taux préférentiel par le gouvernement aux importateurs. L'entreprise est donc accusée d'accaparement et de spéculation, puisqu'elle aurait envisagé de revendre les jouets avec une marge de 25 000 à 54 000%, là encore selon les sources (plus le média est à gauche, plus la marge est grande. TeleSur détient le record).

Les jouets saisis seront distribués à la population via les CLAP, les Comités Locaux d'Approvisionnement et de Production mis en place en juin 2016 en réponse (partielle) à la "guerre économique" dont le gouvernement chaviste accuse le secteur privé. L'opposant Henrique Capriles dénonce pour sa part un vol caractérisé, commis par un gouvernement qui n'a rien à offrir et distribue donc ce qui ne lui appartient pas.

Pour que Noël soit plus joyeux, plus de deux cents boutiques de vêtements, chaussures et accessoires ont été contraintes par les employés du SUNDDE à baisser leur prix de 30% à 50% la semaine dernière ; elles baisseront probablement leur rideau de façon définitive après la campagne de Noël.

D'ailleurs, depuis 2013, au Venezuela chaviste, on ne se souhaite plus une "Feliz Navidad" (un joyeux Noël) , mais une "Feliz Chavidad" (un joyeux Noël chaviste). Chavez est mort, mais éternel. Le secteur privé, lui, est à l'agonie.