Après Intel, Bank of America quittera le Costa Rica

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Intel avait annoncé en janvier une réduction de ses effectifs mondiaux de 5.000 personnes pour faire face à la baisse de la demande des PC. Mardi, l'entreprise a fait savoir qu'elle fermerait à la fin de l'année 2014 sa seule usine d'assemblage en Amérique Centrale, qui emploie près de 1.500 personnes au Costa Rica. Dans la foulée, Bank of America a révélé qu'elle comptait fermer ses centres d'appels: 1.400 emplois vont disparaître.

La nouvelle tombe mal, deux jours après l'élection de Luis Guillermo Solis, qui prendra ses fonctions dans moins d'un mois. Les opérations d'assemblage et de test d'Intel sur le territoire costaricien vont ralentir progressivement pour s'arrêter à la fin de l'année. L'entreprise annonce le maintien les activités de ses services (support IT, finances et RH) et de son centre de recherches, avec quelques dizaines d'embauches supplémentaires, et l'aide au reclassement des salariés licenciés.

Mais ce qui inquiète, c'est l'activité économique et le symbole. Lorsqu'Intel s'est installé au Costa Rica, en 1997, il a drainé de grandes compagnies d'électronique dans son sillage. C'était pour le petit pays la possibilité de se positionner comme pays technologique. Les exportations de ces multinationales ont représenté 27% des exportations totales en 2012, dépassant celles de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche, indique El País. A lui seul, Intel en assurait 20,7%, et générait annuellement près de 6% du PIB (période 2005-2012).

C'est donc la fin d'un certain âge d'or qui est à craindre. D'autant qu'à peine quelques heures après l'annonce d'Intel, Bank of America a fait savoir qu'elle fermerait en 9 à 12 mois ses centres d'appels et de technologie dans le pays, ce qui entraînera la perte de 1.400 emplois près de San José, la capitale.

D'après les deux compagnies, la décision de cesser les opérations au Costa Rica a été prise à l'issue d'une longue analyse globale. Cependant, elles interviennent très peu de temps après le 2ème tour de l'élection présidentielle, qui a vu la victoire d'un candidat de centre-gauche, peu favorable à ce qu'il a appelé la "monogamie" de son pays avec les Etats-Unis.