Alexis Humala, l'homme par qui le scandale revient

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Il aura réussi à se tenir tranquille presque un an: après avoir occasionné le premier scandale de la présidence Humala, son frère cadet Alexis revient sur le devant de la scène. En cause, les juteux contrats qu'a passés avec plusieurs ministères une entreprise dont il est l'un des associés, Krasny del Perú.

Entretemps, on avait entendu Isaac, le père, et Antauro, le frère aîné, et c'était assez rock'n'roll aussi. Mais revenons à Krasny del Perú. Cette entreprise, qui importe et fabrique des produits (réactifs) destinés essentiellement au diagnostic, a été fondée en 2000 par Carlos Quiña Rodríguez et Alexis Humala, qui en est le gérant des relations publiques. A noter qu'il n'apparaît pas dans la page "capital intellectuel" du site où son nom devrait pourtant logiquement figurer.

Suite à l'élection d'Ollanta Humala, Alexis n'a pas abandonné ses activités au sein de Krasny, et l'entreprise a continué de fournir l'Etat: principalement le ministère de la santé - pour un demi-million de sols, environ 150.000 euros, depuis 2011 - mais d'autres également, comme indiqué par le portail ministériel de Transparence Economique, notamment l'Intérieur, l'Education et la Défense.

Problème: la loi sur les contrats de l'Etat interdit formellement que des appels d'offres publics puissent être attribués à des entreprises liées à des membres de la famille du président (jusqu'au quatrième niveau de consanguinité et au deuxième de confraternité, spécifie le texte; si quelqu'un comprend, je veux bien qu'il m'explique). Humala aurait dû rompre ses liens avec Krasny, ou l'Etat ne plus avoir recours aux services de cette entreprise.

Le premier ministre, Juan Jiménez Mayor, a dénoncé les dysfonctionnements et promis des sanctions contre les fonctionnaires responsables de cette attribution et contre l'entreprise qui en a bénéficié. La première dame, Nadine Heredia, a rappelé les prises de position de son mari contre le népotisme et indiqué que si la loi a été violée, Alexis serait châtié conformément à la loi.

Le président Ollanta Humala a préféré garder le silence - comme lors de la précédente sortie d'Alexis - et ses forces pour d'autres combats, comme le projet minier Conga, alors que sa cote de popularité méchamment chamboulée était stable ce mois-ci.

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