Tipnis: des Indiens en colère contre Evo Morales

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Le président bolivien Evo Morales rencontrera prochainement les Indiens du Tipnis, opposés à ce qu'une route traverse leurs territoires, dans la Bolivie amazonienne. Une polémique qui enfle et dépasse le président, lui-même Indien.

Plus de trois semaines après le début des manifestations d'opposition des Indiens du Territoire Indigène et Parc National Isiboro Sécure (Tipnis), dans le département de Beni, et alors qu'une longue marche de près de 500km parcourt le pays pour faire connaître la situation, le président Morales a accepté de rencontrer personnellement une délégation.

Les Indiens du Tipnis s'opposent à la réalisation du deuxième tronçon d'une route transamazonienne, qui coupera leur territoire en deux. Les 306km de la route Villa Tunari - San Ignacio de Moxos traverseront un parc naturel et une zone écologiquement préservée, disent-ils.

Cette route permettrait de désenclaver le département amazonien de Beni, au nord, en le reliant d'un côté au Brésil et de l'autre à la capitale, La Paz. Elle sera financée par le gouvernement brésilien.

Mais pour les opposants au projet - déjà en cours -, la route n'est pas tant synonyme de développement économique que de déforestation, de perte de biodiversité et de risque d'acculturation des communautés indiennes. 50.000 Indiens de plusieurs ethnies se partagent le territoire.

Ils dénoncent un double discours d'Evo Morales, premier président indien du pays et fervent défenseur de la Pachamama, la Terre-Mère, qui ne respecterait ici ni les droits indigènes fondés par la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail, ni l'environnement. De son côté, Evo Morales répond que la Convention 169 impose la consultation des peuples lors de projets sur leurs territoires, mais que les Indiens du Tipnis refusent ladite consultation.

Alors que le projet est engagé, les opposants ont annoncé qu'ils saisiraient la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme.

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